Flipper One Voici le successeur du Flipper Zero
  • 21 mai 2026
  • ComputaSYS
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Le célèbre Flipper Zero, largement adopté par la communauté Cyber et les adeptes de hacking, a un successeur : le Flipper One. Plus puissant, il est aussi plus massif et certains choix ne plairont pas à tout le monde.

Un véritable PC hybride sous Linux

Le Flipper One vient d’être dévoilé et une chose est certaine : il est nettement moins compact (moins mignon diront certains) que le Flipper Zero. Ses dimensions ? Les voici : 15 cm de long, 6,7 cm de haut et 4 cm d’épaisseur, ce qui est presque la taille de certains smartphones. Pour rappel, voici les dimensions du Flipper Zero : 10 cm de long, 4 cm de haut et 2,5 cm d’épaisseur. Une sacrée différence.

L’aspect gadget est mis de côté puisque le Flipper One se présente plus comme une station de travail miniature.

Voici ce que révèle sa fiche technique disponible sur le site officiel de Flipper :

Écran : un écran couleur de 2,4 pouces (256 x 144 pixels), qui vient remplacer l’ancien écran monochrome de 1,4 pouce.

Performances : un processeur 8 cœurs Rockchip RK3576, épaulé par 8 Go de RAM et 64 Go de stockage.

Autonomie : pour le moment, la capacité de la batterie est annoncée à 7 000 mAh, mais cela pourrait évoluer (d’après la documentation).

Connectique : deux ports Ethernet (1 GbE), un port HDMI 2.1, et une prise USB-C permettant de le brancher directement à un écran externe.

Réseau sans-fil : Wi-Fi 6 avec une puce MediaTek MT7921AUN et Bluetooth 5.2.

Évolutivité matérielle : les fameuses broches GPIO sont toujours de la partie, accompagnées cette fois d’un port M.2. Concernant ce dernier point, ce ne sera pas le format M.2 2280 (le disque serait trop long), mais d’autres formats (2242, 3042, 3052).

Il y a beaucoup de différences entre le Flipper One et le Flipper Zero à ce niveau. En effet, le Flipper Zero n’avait pas de ports Ethernet, ni même de port HDMI. Il n’y avait pas non plus l’évolutivité via le port M.2, ni même de Bluetooth ou de Wi-Fi.

L’intelligence artificielle est aussi au programme, en local et hors ligne. “Grâce à un accélérateur IA intégré, Flipper One peut exécuter des modèles de langage (LLM) en local, sans connexion Internet, ce qui permet aux utilisateurs de faire fonctionner l’appareil, de générer des configurations et d’obtenir des conseils utiles.”, peut-on lire dans l’annonce officielle.

Tous ces ajustements font du Flipper One un ordinateur compact (un Raspberry Pi sous stéroïdes ?) plutôt qu’une réelle continuité vis-à-vis du Flipper Zero.

L’objectif de Flipper est de bâtir l’ordinateur ARM capable de fonctionner nativement avec n’importe quel noyau Linux récent (mainline), sans dépendre de pilotes fermés, de micrologiciels propriétaires ou d’un “Board Support Package” (BSP) verrouillé par le constructeur de la puce.

Un virage assumé et une connectivité amputée

D’après ce que je viens de vous dire, vous devez surement penser que le Flipper One est mieux à tous les niveaux. Finalement, le fabricant a pris la décision de retirer par défaut certaines fonctionnalités de piratage et de bidouille qui ont fait le succès du modèle précédent. L’objectif : s’éviter les foudres des forces de l’ordre et de certains gouvernements. S’il fallait le rappeler : le Flipper Zero est un appareil de hacking.

Le Flipper One fait ainsi l’impasse sur plusieurs modules :

Les fréquences Sub-GHz

Le NFC

Le RFID

L’infrarouge

Si vous désirez en profiter (pour copier des badges NFC, par exemple), il conviendra de passer par un module externe : il en va de votre responsabilité de le faire puisque ce n’est plus intégré par le fabricant.

À l’inverse, de nouvelles opportunités sont offertes avec les nouveaux ports ajoutés au Flipper One. Par exemple, la présence de deux ports Ethernet (utilisables en tant que WAN ou LAN) indépendants permet d’envisager certains scénarios intéressants : un pont transparent, interception de trafic (le Flipper One se positionne en MitM), etc. Je pourrais citer d’autres exemples liés à la présence du Wi-Fi et du Bluetooth dès la sortie d’usine.

Flipper OS et FlipCTL : repenser l’expérience Linux mobile

Le Flipper One est livré avec une distribution Linux préinstallée : Flipper OS. Basé sur Debian, ce système introduit un système de profils permettant de réaliser des snapshots complets de l’OS.

Il sera accompagné par un framework FlipCTL. Il vient résoudre un problème des cyberdecks : l’absence d’interfaces graphiques adaptées aux petits écrans. Plutôt que de forcer l’affichage d’environnements lourds comme KDE ou GNOME sur un écran miniature, FlipCTL propose une interface pilotée par menus, pensée pour un pavé directionnel et quelques boutons.

L’idée est de rendre accessibles les utilitaires en ligne de commande usuels de Linux (comme ping, nmap, ou traceroute) dans une interface adaptée à cet écran. Ce qui n’empêchera pas une connexion sur un écran externe.

À long terme, Flipper veut aller encore plus loin ! En effet, l’équipe de développement aimerait qu’un simple apt install flipctl suffise pour ajouter une interface utilisateur à n’importe quel appareil Linux embarqué (routeurs, NAS, etc). Une carte matérielle autonome appelée “FlipCTL Control Board”, comprenant l’écran et les boutons du Flipper One, est d’ailleurs prévue à cet effet.

Vous souhaitez mettre la main sur le Flipper One ? Il va falloir patienter encore un peu, et surtout, commencez à faire des économies dès maintenant. Ce nouvel appareil ne sortira pas avant l’été 2026, au mieux. Quant à son tarif estimé : entre 300 et 500 dollars, tandis que le Flipper Zero est vendu actuellement 229 euros.

Cofondateur d’IT-Connect et Microsoft MVP “Cloud and Datacenter Management”. Mon obsession depuis près de 15 ans ? Rendre l’administration système et la cybersécurité accessibles, que vous soyez junior ou confirmé. Plus qu’un métier, l’IT est pour moi une véritable passion. J’accompagne au quotidien les sysadmins et les professionnels de l’IT dans leur montée en compétences et leur veille technique.



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