glpi plugin carbon
  • 27 mai 2026
  • ComputaSYS
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GLPI, grâce à son plugin nommé Carbon, accompagne les entreprises dans le suivi de l’empreinte carbone de leurs actifs informatiques. Grâce à ces informations précises, les entreprises peuvent prendre des décisions éclairées afin de réduire leur empreinte carbone.

Depuis ses débuts, la plateforme GLPI s’est structurée autour d’un moteur d’inventaire matériel complet, plaçant l’administration des actifs au centre de son écosystème. En effet, cet outil open source permet de répertorier les ordinateurs, les périphériques, les imprimantes, les écrans et les serveurs. La récolte des informations s’effectue par l’intermédiaire de protocoles standards (comme SNMP et WinRM) ou via l’agent GLPI officiel qui a pris la relève de l’agent Fusion Inventory depuis plusieurs années. Cette démarche relie l’inventaire aux pratiques ITSM, intégrant la gestion financière, la gestion des changements et les outils de découverte.

L’arrivée de GLPI 11 en octobre 2025 a également permis à cette solution de franchir une étape supplémentaire grâce à une fonctionnalité permettant de créer des objets personnalisés. Ainsi, les entreprises peuvent étendre les capacités de l’outil au-delà de l’informatique pour gérer n’importe quel asset, que ce soit un parc de véhicules ou des machines industrielles. C’est également à l’automne 2025 que Teclib’, l’éditeur de GLPI, a publié la première version du plugin Carbon compatible avec GLPI 11.

Ce plugin est le fruit du travail réalisé depuis début 2024 dans le cadre d’un projet nommé IEN (Impact Environnemental du Numérique). Il est coordonné par IRT System X et l’éditeur Teclib’ en fait partie intégrante. Plusieurs partenaires comme l’Afnic, Airbus Protect, CentraleSupélec, l’IRT SystemX, le LISN, Sorbonne Université, TotalEnergies participent aussi à ce projet. L’objectif : fournir un outil capable de mesurer la valeur environnementale des services numériques.

La rédaction de cet article a été sponsorisée par Teclib’

Comprendre l’empreinte environnementale de l’IT

Le plugin Carbon aide les organisations à évaluer l’impact environnemental lié à l’exploitation de leurs services numériques, incluant les ordinateurs, les serveurs, les appareils mobiles et le matériel réseau. L’impact environnemental des outils informatiques implique de mesurer les émissions indirectes (notamment de gaz à effet de serre, sans s’y limiter), qui se répartissent principalement entre deux Scopes d’émission : le Scope 2 et le Scope 3, selon ce qui est défini par le standard international GHG Protocol.

Le Scope 2 représente l’énergie consommée durant le fonctionnement des équipements. Le Scope 3 englobe toutes les autres étapes, allant de la fabrication à la logistique. Ce Scope 3 représente à lui seul plus de 70 % de l’empreinte carbone totale pour la majorité des organisations.

La majeure partie des émissions de carbone associées au matériel numérique provient de sa fabrication, ce que le plugin nomme le carbone incarné. Autrement dit, ceci permet de mesurer l’impact de la production d’un équipement.

Il est important de noter que les gaz à effet de serre (GES) ne constituent qu’une facette de l’impact environnemental de l’IT. Si les “émissions incarnées” mesurent bien les GES générés lors de la fabrication, une évaluation complète nécessite d’y associer d’autres critères. Cela inclut la consommation d’énergie primaire, c’est-à-dire l’énergie brute nécessaire (avant sa transformation en électricité ou chaleur) pour produire un équipement. Il faut également considérer l’épuisement des ressources abiotiques, un indicateur mesurant l’extraction de toutes les matières non vivantes prélevées dans la nature.

L’ensemble de ces mesures soutient les organisations dans leurs démarches visant les normes ISO 14000 et ISO 14044. Bien que le plugin Carbon de GLPI ne permette pas une conformité complète avec ces deux normes, il permet de s’en rapprocher et il continue d’être amélioré en ce sens.

Les sources de données utilisées par GLPI Carbon

La mesure précise des émissions requiert l’association de données provenant de sources externes. En interne, GLPI contient déjà les informations liées aux actifs de votre organisation, et le plugin vient lier ces équipements aux bases de données environnementales pour générer des estimations. Ces estimations tiennent compte d’ailleurs de l’emplacement géographique.

Pour fonctionner, le plugin Carbon sollicite deux sources de données externes :

Boavizta : cette API est maintenue par une association française à but non lucratif dédiée au Green IT. Elle fournit des données sur l’empreinte carbone issue de la fabrication et du transport des équipements. Elle mesure également l’épuisement des ressources abiotiques et la consommation d’énergie primaire.

Electricity Maps : il s’agit d’une plateforme dotée d’une API qui piste l’origine de l’électricité mondiale et calcule le dioxyde de carbone émis pour sa production, heure par heure et région par région. L’information est accessible en temps réel. Le fait de contextualiser par région est essentiel puisque le coût carbone de l’alimentation électrique varie fortement d’un endroit à l’autre selon le mix énergétique du pays.

Il est à noter que Electricity Maps peut être remplacé par RTE comme source de données. Le choix s’effectue lors de la configuration sur la plateforme GLPI.

Pour illustrer ce principe de localisation : le mix énergétique de la France repose majoritairement sur le nucléaire et les énergies renouvelables, offrant une électricité faiblement carbonée. À l’inverse, un pays voisin comme l’Allemagne s’appuie encore sur des centrales à combustion fossile (charbon et gaz), même s’ils ont aussi une part élevée d’éolien et de solaire. Ainsi, l’alimentation électrique d’un serveur hébergé dans un centre de données à Paris générera des émissions de gaz à effet de serre inférieures à celles de ce même équipement s’il fonctionnait à Francfort, à consommation électrique égale.

L’exploitation de ces sources de données externes permet d’ajouter du contexte et donc d’avoir des résultats plus pertinents et réalistes.

Découverte du plugin GLPI Carbon

Préparation des dépendances

À ce jour, le plugin GLPI Carbon n’est pas disponible sur les instances publiques Cloud de GLPI (rattachées à l’offre GLPI Network Cloud). En effet, l’utilisation de ce plugin implique d’auto-héberger votre instance de Boavizta, que vous interrogerez par la suite via son API. L’installation de Boavizta s’effectue facilement à l’aide de Docker (ou via l’installation du paquet pip).

Avec la commande docker run, vous pouvez instancier rapidement le conteneur boaviztapi :

docker run -d -p 5000:5000 ghcr.io/boavizta/boaviztapi:latest

Si vous préférez utiliser un fichier Docker Compose, voici le code à utiliser :

services:
boaviztapi:
image: ghcr.io/boavizta/boaviztapi:latest
ports:
– “5000:5000”

boaviztapi-doc:
image: ghcr.io/boavizta/boaviztapi-doc:latest
ports:
– “8080:8080”

Le conteneur boaviztapi-doc permet d’accéder à toute la documentation de l’API directement depuis votre navigateur. Le composant principal étant l’API en elle-même (basée sur FastAPI) et liée au conteneur boaviztapi. Ainsi, votre instance GLPI sera désormais en mesure d’interagir avec cette source de données.

Du côté d’Electricity Maps, le fonctionnement requiert l’utilisation d’une clé d’API. Il y a bien une offre gratuite, mais elle est limitée à une région, tandis que l’abonnement payant permet d’éliminer cette restriction. Si vous optez pour ce service, vous n’aurez pas à déployer une instance mais à vous procurer un accès à l’API.

En complément, le plugin Carbon embarque des données d’intensité carbone moyenne annuelle obtenues à partir des informations publiées par Ember.

Installation et configuration du plugin Carbon

Le plugin Carbon est disponible pour tous les administrateurs via la Marketplace officielle de GLPI. L’installation manuelle (hors Marketplace) est aussi possible. Mais attention, peu importe la méthode choisie, sachez que l’installation de ce plugin maintenu par l’éditeur Teclib’ est réservé aux instances on-premise de GLPI. 

Vous pourrez l’installer facilement, bien qu’une phase de configuration soit nécessaire. J’en profite pour préciser que le plugin Carbon est lui aussi open source et qu’il est disponible sur GitHub.

La configuration initiale du plugin Carbon consiste à indiquer votre clé d’API Electricity Maps et l’adresse de votre instance Boavizta.

Pour que GLPI calcule les émissions et la consommation d’un ordinateur, d’un écran ou d’un périphérique réseau, vous devez définir une configuration adaptée. En effet, chaque fiche de matériel de votre flotte doit inclure des informations spécifiques permettant de calculer l’empreinte énergétique.

Une localisation géographique : afin qu’Electricity Maps retourne la bonne intensité carbone du réseau local, vous devez déclarer des emplacements dans GLPI (sous Configuration > Intitulés). La fiche descriptive de chaque lieu doit être associée à une source et une zone pour que le plugin Carbon soit capable d’effectuer ses estimations. Dans le cas où ce n’est pas configuré, Carbon tente de trouver l’intensité carbone moyenne annuelle à partir des données d’Ember.

Un profil d’utilisation : ce paramètre définit les heures de fonctionnement de l’appareil tout au long de sa journée. Il doit être configuré au préalable dans les profils d’utilisation. Vos différents profils déterminent quand est allumé un équipement (selon des jours et des plages horaires).

Un modèle avec consommation électrique : le modèle ou le type de l’appareil défini dans GLPI doit inclure une valeur de consommation d’énergie (en watts). Ci-dessous, vous avez un exemple de configuration avec le modèle “Dell Optiplex Micro 7020” où sa consommation nominale est spécifiée.

Des informations financières : l’onglet de gestion de l’actif doit comporter une date de mise en service, de commande ou de livraison, et de mise au rebut (même si c’est une date prévisionnelle) dûment renseignée. Vous pouvez par exemple définir une date de démarrage au 1er mai 2026 si vous venez de mettre en service l’équipement il y a quelques jours.

Une fois ces éléments configurés sur la fiche de l’appareil informatique, rendez-vous dans l’onglet dédié à l’impact environnemental de cet actif. Vous pourrez alors bénéficier d’une analyse complète spécifique à cet équipement.

Analyse des données et rapports

Lorsque les fiches de vos équipements sont correctement complétées, le système exploitera les données pour proposer un rapport global à propos de votre flotte. Ce tableau de bord est accessible en naviguant dans le menu “Outils” puis “Rapports carbone”, ou via un tableau de bord personnalisé. Il expose plusieurs indicateurs de suivi :

Les émissions en équivalent dioxyde de carbone (CO2) issues de l’énergie consommée durant le fonctionnement habituel des appareils, par an et par mois.

Les émissions en équivalent carbone qui sont liées à la fabrication.

La consommation d’énergie primaire liée uniquement au processus de fabrication.

Le potentiel d’épuisement des ressources abiotiques naturelles. Cette évaluation ciblée des ressources non renouvelables se mesure en équivalent antimoine.

L’intérêt de ce reporting, c’est aussi de pouvoir consulter un graphique pour identifier facilement les modèles d’équipement générant la plus forte empreinte en carbone. Voici un exemple :

La documentation complète de ce plugin est disponible ici : glpi-plugins.readthedocs.io/en/latest/carbon/

Conclusion

Le module Carbon de GLPI transforme une base d’inventaire classique de gestion de parc en un outil technique d’analyse de l’impact environnemental des équipements. La solution GLPI, en croisant ses données internes à celles fournies par des sources externes (Boavizta, Electricity Maps, RTE et Ember, selon la configuration), permet d’obtenir des métriques détaillées à propos de l’empreinte de chaque appareil connecté. Ce plugin a une réelle valeur ajoutée dans l’écosystème GLPI puisqu’il permet de faire un pas en avant vers une gestion des actifs responsable.

Cofondateur d’IT-Connect et Microsoft MVP “Cloud and Datacenter Management”. Mon obsession depuis près de 15 ans ? Rendre l’administration système et la cybersécurité accessibles, que vous soyez junior ou confirmé. Plus qu’un métier, l’IT est pour moi une véritable passion. J’accompagne au quotidien les sysadmins et les professionnels de l’IT dans leur montée en compétences et leur veille technique.



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