Chatto passe en open source un seul binaire pour remplacer Teams Slack et Discord
  • 10 juillet 2026
  • ComputaSYS
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Un seul binaire à lancer, pas de base de données, pas de broker de messages, pas de cache à maintenir. Le 8 juillet 2026, le développeur allemand Hendrik Mans a publié le code source de Chatto, une application de messagerie d’équipe qu’il présente comme une alternative à Slack, Microsoft Teams et Discord.

Vous allez me dire, Chatto est un projet de plus dans la liste des alternatives auto-hébergées aux solutions d’entreprises comme Microsoft Teams et Slack, voire même Discord. Mais il a une particularité : la simplicité de déploiement. Là où la plupart des solutions comparables réclament une base de données, un magasin clé/valeur et un broker pour la gestion des messages, Chatto se résume à un exécutable qui sert lui-même son propre frontend web.

Le projet est disponible sous forme de binaires pour Linux, macOS et Windows. Comme tout projet open source qui se respecte, il y a aussi des images Docker, donc vous avez le choix au niveau de la méthode de déploiement.

Un serveur, une communauté, zéro fédération

L’architecture de Chatto repose sur le modèle suivant : un serveur héberge une seule communauté ou organisation. Aucune fédération entre instances, contrairement à ce que propose Matrix. Un utilisateur qui participe à plusieurs communautés doit connecter son client à plusieurs serveurs. Un administrateur qui souhaite héberger plusieurs communautés lance plusieurs instances Chatto.

Au-delà de la messagerie instantanée qui est vraiment la brique de base, la version 0.4 apporte d’autres fonctionnalités vraiment cool :

Appels audio et vidéo intégrés, avec partage d’écran.

Chiffrement de bout en bout pour les appels.

Chiffrement au repos des données personnelles et des conversations, avec des clés propres à chaque utilisateur, détruites lorsque le compte est supprimé.

Deux API (côté client et côté serveur) pour développer des clients tiers, des bots ou des intégrations.

Aucun tracking ni analytics tiers, d’après Hendrik Mans.

La dernière version publiée au moment où cet article est rédigé est la v0.4.3 mise en ligne le 9 juillet 2026.

La licence : Apache 2.0 promis, AGPL livré

En décembre 2025, lors de la présentation initiale du projet, Hendrik Mans écrivait que le code source deviendrait disponible “courant 2026 sous la licence permissive Apache-2.0, en précisant qu’il n’y aurait aucune restriction d’usage.

La réalité est différente. Le dépôt chattocorp/chatto est publié sous AGPL-3.0-or-later par défaut, avec des exceptions Apache-2.0 limitées au frontend autonome, aux surfaces d’intégration, à la documentation et aux exemples. La frontière exacte est décrite dans les fichiers LICENSING.md et REUSE.toml du dépôt.

OK, mais concrètement, ça change quoi ? L’AGPL impose la mise à disposition du code source modifié aux utilisateurs qui accèdent au service via le réseau, ce qu’Apache 2.0 ne demande pas. Donc une entreprise qui modifierait le code source du serveur et l’exposerait à des tiers se retrouverait avec des obligations qu’elle n’aurait pas eues sous Apache 2.0 (autrement dit : contribuer).

Autre point à retenir : le projet n’accepte pas de contributions extérieures pour le moment. Le code est visible de tout le monde, mais pour le moment ce n’est pas collaboratif : Hendrik Mans est le seul développeur. C’est marqué noir sur blanc dans le README.md publié sur GitHub.

À cela s’ajoute une clause de marque, formalisée dans le fichier NOTICE : les licences ne donnent pas le droit de réutiliser le nom et les logos Chatto comme identité officielle d’un fork. Vous pouvez forker Chatto, le modifier, l’héberger, le redistribuer. En revanche, vous ne pouvez pas présenter votre fork comme étant « Chatto », ni reprendre le logo comme identité officielle de votre version.

Au moins, le code source est ouvert, donc les chercheurs peuvent inspecter le code, évaluer la partie sécurité et même identifier d’éventuelles failles. Cela va dans le bon sens, même si c’est relativement fermé pour le moment : c’est peut-être une façon de se protéger des rapports IA.

Enfin, sur le terrain des alternatives libres, j’avais déjà parlé de Stoat, l’alternative open source à Discord et il y a bien entendu Matrix que vous connaissez probablement (mais je ne parle pas du film).

Sources :

Cofondateur d’IT-Connect et Microsoft MVP “Cloud and Datacenter Management”. Mon obsession depuis près de 15 ans ? Rendre l’administration système et la cybersécurité accessibles, que vous soyez junior ou confirmé. Plus qu’un métier, l’IT est pour moi une véritable passion. J’accompagne au quotidien les sysadmins et les professionnels de l’IT dans leur montée en compétences et leur veille technique.



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