
Pendant plusieurs mois, Proton a passé au crible plus de 7 000 applications VPN mobiles. Rien qu’aux États-Unis, 85 % des applications téléchargées contiennent des traqueurs publicitaires ou analytiques, et certains vont jusqu’à accéder à la position GPS de l’utilisateur. Voici ce que l’on sait.
Note : cette première analyse publiée par Proton fait un focus sur l’activité des VPN aux États-Unis. Toutefois, David Peterson, directeur général de Proton VPN, a déclaré à TechRadar que ses équipes suivent 7 500 VPN et disposent de jeux de données pour le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne. Un autre rapport qui nous concernera plus directement devrait donc être publié prochainement.
13,2 millions de téléchargements en un mois
Cette nouvelle étude publiée sur le blog de Proton VPN le 27 août 2026 contient des statistiques intéressantes à propos des applications VPN. Pour effectuer cette analyse, Proton s’est d’ailleurs appuyé sur deux sources externes : les estimations de téléchargements via AppTweak, et les données du projet open source Exodus Privacy, qui permet de détecter les signatures de code des traqueurs analytiques, publicitaires et de profilage dans les applications Android.
Ainsi, selon Proton, 85 % des VPN disponibles aux États-Unis embarquent des fonctionnalités de tracking. Cela va de la collecte de l’identifiant publicitaire de l’appareil, du modèle du terminal, du type de réseau ou encore du nom de l’opérateur mobile. Ensuite, ces données partent vers d’autres destinations, y compris vers la Chine et la Russie. Le rapport détaille la destination de ces flux, en volume de téléchargements sur le mois de juin 2026 :
Traqueurs transmettant des données vers Israël : 2,6 millions de téléchargements
Traqueurs transmettant des données vers la Chine : 1,5 million
Traqueurs transmettant des données vers la Russie : 1,4 million
Traqueurs transmettant vers ces trois destinations à la fois : 800 000
Traqueurs transmettant vers des pays des Five Eyes : 4,6 millions
En plus de ce qui a été mentionné précédemment, 64 applications vont encore plus loin : elles accèdent activement aux données GPS (géolocalisation). Proton désigne également des applications à l’origine de ce type de pratique, sans que la liste soit exhaustive : VPN Proxy Master, VPN-Fast VPN Super et X-VPN. Ces applications représentent à elles seules plus de 3 millions de téléchargements aux États-Unis, rien qu’en juin 2026.
“Cela signifie qu’environ 20 % de tous les téléchargements de VPN répertoriés dans notre base de données proviennent d’applications qui tracent votre localisation, ce qui est sans doute précisément ce que vous souhaitiez éviter en installant un VPN.”, peut-on lire.
Des propriétaires chinois dissimulés derrière des sociétés écrans
Sur les 390 VPN étudiés pour le marché américain, Proton en associe 64 à des sociétés chinoises. Parmi ces applications VPN, il y en a certaines qui chercheraient à opérer discrètement : 31 d’entre elles se présentent par l’intermédiaire de sociétés-écrans situées à Singapour, à Hong Kong ou au Royaume-Uni.
“En vertu de la législation chinoise, les entreprises sont tenues de mettre les données des utilisateurs à la disposition des autorités sur simple demande.”, rappelle Proton. Cela ouvre la porte à la surveillance par cet intermédiaire. Une nouvelle fois, ceci remet en cause les politiques no logs de certains services de VPN.
Le rapport pointe aussi trois VPN détenus par des sociétés d’études de marché : Phone Guardian Safe WiFi (Sensor Tower), My Mobile Secure VPN (Comscore) et Urban VPN (BiScience). Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais en décembre 2025, j’ai publié un article à propos d’extensions VPN gratuites qui interceptent les échanges des utilisateurs avec ChatGPT, Claude ou Gemini : Urban VPN était dans cette liste.
La position de Proton
Proton publie fréquemment des rapports pour démonter Google, Microsoft et consorts. Il n’est donc pas surprenant qu’un rapport comme celui-ci soit publié. Mais, il ne faut pas oublier que Proton est à la fois juge et partie : l’éditeur suisse propose lui aussi son service VPN, avec Proton VPN. Ainsi, sur le papier, Proton est en concurrence directe avec les applications VPN analysées.
De son côté, Proton a demandé à Apple et Google de mener des vérifications techniques plutôt que de se fier aux déclarations des éditeurs. Il a également été demandé de publier l’implantation réelle des sociétés ainsi que leurs pratiques de collecte. Ce qui est certain, c’est qu’il ne faut pas prendre n’importe quoi au niveau des applications VPN. Adoptez le service d’une entreprise qui a pignon sur rue et dont la sécurité a été auditée par des tiers : là-dessus, Proton VPN est plutôt bon (voir cette page).
Consultez le rapport de Proton sur cette page.
Cofondateur d’IT-Connect et Microsoft MVP “Cloud and Datacenter Management”. Mon obsession depuis près de 15 ans ? Rendre l’administration système et la cybersécurité accessibles, que vous soyez junior ou confirmé. Plus qu’un métier, l’IT est pour moi une véritable passion. J’accompagne au quotidien les sysadmins et les professionnels de l’IT dans leur montée en compétences et leur veille technique.
