
Vous passez au Wi-Fi 7 et le débit plafonne ? Le problème ne vient pas forcément du Wi-Fi. Avec une borne TP-Link Omada, un PC portable et un smartphone Wi-Fi 7, je suis passé d’environ 900 Mbit/s à plus de 2 Gbit/s sur mon réseau local, sans changer de borne. Dans cette vidéo, je vous montre les pièges qui brident les performances et les nouveautés du Wi-Fi 7 qui font vraiment la différence.
L’ensemble de mon réseau est piloté par la solution TP-Link Omada. Elle centralise la configuration du réseau local (LAN), du Wi-Fi (WLAN) et des fonctions de sécurité, et donne une vue d’ensemble sur l’état des équipements et des clients. Grâce à l’inspection des paquets (DPI), elle affiche aussi des statistiques de trafic par appareil et par application, tout en permettant de bloquer les flux indésirables.
Pour ces tests, j’ai utilisé le matériel suivant :
Une borne Wi-Fi 7 TP-Link Omada EAP773 (version européenne), équipée d’un port 10 Gbit/s alimenté en PoE
Un switch PoE TP-Link SG3218XP-M2, avec 16 ports 2,5 Gbit/s et 2 ports SFP+ 10 Gbit/s
Un serveur Proxmox VE relié au switch en 10 Gbit/s, qui sert de serveur iperf3
Deux clients Wi-Fi 7 : un PC portable et un smartphone Samsung Galaxy S24 Ultra (mes deux clients iperf)
Premier piège : le lien entre le switch et la borne
Lors de mon premier test, le PC portable plafonnait autour de 900 Mbit/s. C’est très loin de ce que l’on attend du Wi-Fi 7, et la cause n’avait rien à voir avec les performances du sans-fil : la borne était reliée au switch par un lien 1 Gbit/s. Ce lien filaire devient immédiatement un goulot d’étranglement, et aucune borne ne peut faire mieux que la liaison qui la raccorde au réseau.
Dans cet exemple, je dois avouer que j’ai volontairement forcé le port du switch en 1 Gbit/s pour reproduire cette situation. C’est un cas réel que l’on rencontre en entreprise, car de nombreux réseaux locaux s’appuient sur des switchs 1 Git/s (ce débit a très longtemps été la norme). Une fois le port repassé en 2,5 Gbit/s depuis Omada, le même PC est monté entre 1 700 et 1 800 Mbit/s. Autrement dit, investir dans des bornes Wi-Fi 7 sans revoir les switchs, ou tout du moins le réseau sous-jacent, c’est prendre le risque de conclure à tort que le Wi-Fi 7 ne tient pas ses promesses.
Largeur de canal : 160 ou 320 MHz, selon l’appareil
Le Wi-Fi 7 double la largeur de canal maximale, qui passe de 160 à 320 MHz, uniquement sur la bande des 6 GHz. Pour reprendre l’image de l’autoroute, c’est le nombre de voies qui double. Encore faut-il que l’appareil sache les utiliser.
Mon PC portable, pourtant récent et bien compatible Wi-Fi 7, est limité à 160 MHz par sa puce. Le Galaxy S24 Ultra, lui, gère le 320 MHz. Avec le même téléphone, placé au même endroit, je suis passé de 1,45 Gbit/s en 160 MHz à 2,2 Gbit/s en 320 MHz, soit environ 50 % de débit en plus. Pour mesurer cette différence, j’ai ajusté les paramètres de ma borne afin de la brider à 160 MHz dans l’un des deux cas.
Une précision importante pour la France et l’Europe : la bande 6 GHz y est plus étroite qu’aux États-Unis. On ne dispose que d’un seul canal de 320 MHz sans chevauchement, et la puissance d’émission est limitée. Le 320 MHz donne donc le meilleur de lui-même à proximité de la borne.
MLO : plus de fiabilité, avec des compromis
Le MLO (Multi-Link Operation) est l’une des principales nouveautés du Wi-Fi 7. Sans MLO, un appareil n’utilise qu’une bande à la fois (5 GHz ou 6 GHz) et doit se déconnecter pour changer de bande. Avec le MLO, il reste associé à plusieurs bandes au sein d’une seule connexion et peut passer de l’une à l’autre sans coupure.
Les bénéfices sont concrets :
Une meilleure fiabilité : si une bande est perturbée, le trafic continue sur une autre
Une latence plus stable, car les données empruntent la voie la plus disponible
Une meilleure répartition quand plusieurs appareils sont actifs : en testant le PC et le smartphone en même temps, je suis passé de 1,66 Gbit/s cumulés sans MLO à 2,18 Gbit/s avec MLO, soit environ 30 % de plus. Un débit de 2,3 Gbit/s a été obtenu depuis mon smartphone, ce qui se rapproche vraiment de la limite théorique d’un lien 2.5 GbE.
Le MLO n’est pas magique pour autant. Avec un seul appareil, le débit ne double pas, car la plupart des PC et smartphones n’émettent que sur une bande à la fois, et le lien 2,5 Gbit/s de la borne reste une limite. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’EAP773 dispose d’un port 10 Gbit/s. Autre contrepartie : sur Omada, un réseau Wi-Fi en MLO ne gère plus la répartition de charge entre les bornes ni l’itinérance rapide. Ce n’est pas gênant avec une seule borne, mais cela mérite réflexion en entreprise, avec plusieurs bornes proches. Le Wi-Fi 8, encore en cours de normalisation, prévoit justement d’améliorer l’itinérance avec le « seamless roaming ».
Ce qu’il faut retenir avant de passer au Wi-Fi 7
Le passage au Wi-Fi 7 doit se penser comme un ensemble, pas comme un simple remplacement de bornes :
Des liens multigigabit : le 2,5 Gbit/s est aujourd’hui un minimum, le 5 ou le 10 Gbit/s est préférable si vous avez beaucoup de clients Wi-Fi 7. TP-Link propose d’ailleurs une gamme complète de switchs Omada MultiGig.
Des appareils réellement compatibles : un appareil « Wi-Fi 7 » ne prend pas forcément en charge le 320 MHz, vérifiez les caractéristiques de sa puce.
La sécurité : le WPA3 est obligatoire en Wi-Fi 7, ce qui peut poser question pour certains clients anciens.
La rétrocompatibilité : vos appareils Wi-Fi 6 continueront de se connecter sans problème.
À mon sens, le Wi-Fi 7 mise surtout sur la fiabilité et la latence plutôt que sur le seul débit brut, même si les gains sont bien réels. Une borne Wi-Fi 7 se garde plusieurs années, alors que les PC et smartphones sont renouvelés plus souvent : autant anticiper dès maintenant l’infrastructure qui permettra d’en profiter.
Regardez la vidéo
Dans la vidéo, je vous montre toutes les mesures à l’écran, la configuration du port du switch dans Omada, la différence de négociation entre le PC et le smartphone, ainsi que les options d’un SSID Wi-Fi 7 (WPA3, MLO, VLAN). Si vous envisagez de passer au Wi-Fi 7, chez vous ou en entreprise, elle vous évitera quelques mauvaises surprises.
Si vous avez un projet Wi-Fi ou souhaitez simplement obtenir des informations supplémentaires, contactez TP-Link via ce lien : en savoir plus sur le Wi-Fi 7.
Et vous, avez-vous déjà franchi le pas du Wi-Fi 7 ? Dites-le-moi en commentaire.
Cet article et la vidéo associée sont réalisés en partenariat avec TP-Link.
Cofondateur d’IT-Connect et Microsoft MVP “Cloud and Datacenter Management”. Mon obsession depuis près de 15 ans ? Rendre l’administration système et la cybersécurité accessibles, que vous soyez junior ou confirmé. Plus qu’un métier, l’IT est pour moi une véritable passion. J’accompagne au quotidien les sysadmins et les professionnels de l’IT dans leur montée en compétences et leur veille technique.
