tuto adguard home docker
  • 6 avril 2026
  • ComputaSYS
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Ce guide technique explique comment installer et configurer la solution open source AdGuard Home pour bloquer les publicités et les sites malveillants à l’échelle d’un réseau. La question suivante sera aussi abordée : comment bénéficier du blocage des publicités depuis n’importe où ?

Grâce à la mise en place de la solution AdGuard Home, vous reprenez le contrôle sur votre navigation. Je dirais même que, d’une façon générale, vous allez avoir plus de contrôle sur les connexions effectuées par les appareils connectés à votre réseau. En effet, au-delà de bloquer les publicités, une solution comme celle-ci peut aussi bloquer les solutions de tracking et de suivi, ainsi que des sites indésirables ou malveillants.

AdGuard Home est capable de nettoyer les flux réseau sur l’ensemble des appareils : de votre ordinateur à votre smartphone, en passant par votre TV connectée à Internet. Se pose alors une première question : comment fonctionne ce mécanisme de blocage ?

Avant de parler de la solution AdGuard Home et du choix de cette solution, prenons un instant pour évoquer le mécanisme de blocage. Tout va jouer au niveau du DNS.

Pour rappel, le système de noms de domaine (DNS) agit comme l’annuaire d’Internet. Lorsque vous tapez l’adresse d’un site web dans votre navigateur, votre ordinateur interroge un serveur DNS pour traduire ce nom de domaine en une adresse IP compréhensible par les machines. Sans cela, on serait obligé de connaître les adresses IP des sites par cœur : c’est tout simplement impossible.

Ainsi, quand vous accédez à un site web comme www.domaine.fr, votre machine interroge le serveur DNS configuré dans les paramètres réseau de votre ordinateur pour obtenir l’adresse IP correspondante.

Le blocage au niveau DNS, souvent appelé “DNS sinkholing” (que l’on appelle aussi trou noir DNS, ou DNS menteur), intervient exactement à cette étape. Lorsqu’une page web tente de charger une publicité ou un script de suivi, elle effectue une requête vers un domaine spécifique (par exemple, ads.serveur-publicite.com).

Si vous utilisez AdGuard Home comme serveur DNS, celui-ci compare chaque requête à une liste de filtres (blocklists). Si le domaine demandé figure dans ces listes, AdGuard Home refuse de résoudre l’adresse IP réelle et renvoie une réponse invalide (comme 0.0.0.0). Le résultat est direct : l’appareil ne peut pas contacter le serveur publicitaire, et la publicité ne s’affiche pas. Cette méthode est légère, rapide et s’applique à tous les appareils utilisant ce serveur DNS.

Le site web visité, quant à lui, continuera de fonctionner correctement. En effet, si vous accédez à IT-Connect via www.it-connect.fr et que vous bloquez les publicités chargées depuis www.domaine-pub.fr, il n’y a que les contenus relatifs à la publicité qui sont bloqués. Pour certains sites mondiaux, c’est parfois difficile, car les publicités et le site web sont chargés depuis le même domaine : dans ce cas, le blocage des publicités par DNS ne peut pas fonctionner.

Les fonctionnalités principales d’AdGuard Home

AdGuard Home est une solution open source, gratuite et éprouvée. Elle est développée et maintenue depuis plusieurs années. Sa principale alternative est elle aussi open source et s’appelle Pi-Hole. Il en existe d’autres, comme Blocky.

AdGuard Home se distingue par une interface moderne et des fonctionnalités complètes, on peut citer :

Filtrage des requêtes DNS : blocage des publicités, des traqueurs et des domaines malveillants en s’appuyant sur des listes maintenues par la communauté. Sur le papier, vous pouvez bloquer n’importe quel site web grâce aux règles personnalisées.

Contrôle parental : possibilité d’activer la recherche sécurisée (Safe Search) sur les principaux moteurs de recherche (Google, Bing, DuckDuckGo) pour filtrer les contenus inappropriés.

Blocage de services : une section dédiée permet de bloquer rapidement des applications ou des services populaires (comme TikTok, YouTube, WhatsApp, etc.) sans avoir à chercher manuellement les domaines associés. Du blocage en 1-clic.

Gestion par client (appareil) : vous pouvez appliquer des règles de filtrage spécifiques en fonction de l’adresse IP, de l’adresse MAC ou du nom de l’appareil. Cette gestion par appareil offre beaucoup de souplesse.

Chiffrement DNS : par défaut, les flux du DNS ne sont pas protégés (pas de chiffrement). AdGuard Home offre l’avantage de supporter nativement des protocoles sécurisés comme DNS-over-HTTPS (DoH) et DNS-over-TLS (DoT). Cela est vrai pour échanger avec les clients et les serveurs DNS upstreams (résolveurs).

Où peut-on installer AdGuard Home ?

AdGuard Home est conçu pour être léger et peu gourmand en ressources, ce qui permet de le déployer sur une grande variété d’équipements. Il existe des images Docker et des programmes d’installation pour différents OS. On peut donc imaginer les scénarios d’installation suivants :

Sur un NAS : Docker est pris en charge par toutes les marques (Synology, QNAP, ASUSTOR, UGREEN, etc.).

Sur un nano-ordinateur : un Raspberry Pi est parfaitement adapté (via cette commande : curl -s -S -L https://raw.githubusercontent.com/AdguardTeam/AdGuardHome/master/scripts/install.sh | sh -s — -v)

Sur un serveur Linux ou un VPS : que ce soit sous Debian, Ubuntu ou Alpine Linux (via cette commande : curl -s -S -L https://raw.githubusercontent.com/AdguardTeam/AdGuardHome/master/scripts/install.sh | sh -s — -v)

Directement sur Windows ou macOS : bien que ce soit moins courant pour un usage en réseau, des exécutables sont disponibles.

Ce qui est important, c’est que l’appareil soit disponible 24/7 sur votre réseau, car AdGuard Home va devenir indispensable pour assurer le bon fonctionnement de votre connexion Internet. Un NAS ou un Raspberry Pi, c’est l’idéal.

Dans le cadre de ce tutoriel, nous nous concentrerons sur une installation conteneurisée via Docker. L’avantage étant de pouvoir reproduire cette configuration sur différents types d’équipements à partir du moment où Docker est présent.

AdGuard Home : ce qu’il peut bloquer & ce qu’il ne peut pas bloquer

Entre les services en ligne et les bloqueurs de publicités, c’est un peu le jeu du chat et de la souris. Chacun essaie de prendre le dessus sur l’autre. Résultat, AdGuard Home ne peut pas bloquer toutes les publicités. Ce n’est pas qu’il est mauvais, c’est qu’il est limité par son mode de fonctionnement basé sur le DNS et aussi parce qu’en face, il y a beaucoup de services qui utilisent des techniques difficiles à contourner.

Voici un état des lieux :

Type de contenuAdGuard HomeExplication techniqueBannières classiques et pop-ups✅ BloquéLa publicité provient d’un serveur tiers. AdGuard Home bloque la résolution DNS du domaine externe. Selon la façon dont est implémentée la publicité, cela peut laisser un espace blanc sur le site web.Télémétrie et traqueurs✅ BloquéExcellente efficacité contre les outils d’analyse (Google Analytics), le pistage Windows, IoT ou Smart TV qui communiquent avec des serveurs dédiés.Pubs “In-App” (smartphones/jeux)✅ BloquéLes applications mobiles gratuites font généralement appel à des régies publicitaires externes (domaines tiers) facilement identifiables et neutralisables.Publicités vidéo (YouTube, Twitch)❌ Non bloquéLa publicité et la vidéo légitime sont diffusées par le même domaine de streaming. Bloquer la pub revient à bloquer le site, ce qui empêche son fonctionnement.Posts sponsorisés sur les réseaux sociaux❌ Non bloquéSur Facebook, Instagram ou X (Twitter), les annonces sponsorisées sont injectées directement dans le flux d’actualité depuis les serveurs de la plateforme. AdGuard Home ne peut rien y faire.

Installation d’AdGuard Home avec Docker

Pour ce déploiement, je vous propose d’utiliser un mode réseau bien spécifique au niveau de Docker : le macvlan. Ce mode permet d’attribuer une adresse IP distincte de celle du serveur Docker directement au conteneur AdGuard Home. Ainsi, il aura sa propre adresse IP pour communiquer avec les appareils du réseau.

Vous pourriez tout à fait utiliser le mode habituel (bridge) pour ce conteneur, mais AdGuard Home partagerait l’adresse IP du serveur Docker. Dans ce cas, et à cause du mécanisme de NAT interne à Docker, vous ne pourriez pas voir l’adresse IP source des clients. Donc, au niveau d’AdGuard Home, toutes les requêtes seront associées à un seul client, ce qui veut dire que vous n’aurez pas de statistiques par client (ni la possibilité de faire des règles par client) dans AdGuard Home. Si ce n’est pas important pour vous, alors l’utilisation d’un réseau macvlan est facultative. Personnellement, je trouve cela contraignant.

Avant de commencer, je vous rappelle que le conteneur AdGuard Home doit être joignable sur le port 53 (standard pour le DNS). D’autres ports seront utilisés en fonction des services activés (serveur DHCP géré par AdGuard Home, par exemple).

Création du réseau MacVlan en ligne de commande

Il est préférable de créer le réseau MacVlan manuellement en amont. La raison est simple : vous ne pouvez avoir qu’un seul réseau MacVlan rattaché à une interface physique. Peut-être même que vous en avez déjà un, selon les services déjà déployés sur votre serveur Docker. Si ce n’est pas le cas, l’idée c’est de le créer puis d’y connecter ensuite le conteneur AdGuard Home. Par la suite, vous pourriez tout à fait connecter d’autres conteneurs à ce réseau.

Pour cela, ouvrez un Terminal sur votre serveur ou lancez une connexion SSH.

ssh @

Une fois connecté en SSH, exécutez la commande docker network indiquée ci-dessous.

Attention : veillez à adapter l’interface parent (eth0), le sous-réseau (subnet), la passerelle de votre routeur (gateway) et la plage d’IP souhaitée (ip-range) à votre propre réseau local.

Si vous avez connecté l’interface 1 de votre serveur Docker au réseau, cela devrait être eth0. Vous pouvez le vérifier en saisissant la commande ip a et en regardant quel est le nom de l’interface où est configurée l’adresse IP de votre serveur.

Voici la commande à exécuter pour créer le réseau MacVlan :

docker network create -d macvlan \
-o parent=eth0 \
–subnet=192.168.10.0/24 \
–gateway=192.168.10.254 \
–ip-range=192.168.10.144/28 \
macvlan_net

Dans l’exemple ci-dessous, un masque /28 est utilisé. Ainsi, avec la plage 192.168.10.144/28, cela mettra à disposition de Docker les adresses allant de 192.168.10.144 à 192.168.10.159. De quoi vous permettre de connecter jusqu’à 14 conteneurs via ce réseau MacVlan.

Ensuite, vous pouvez vérifier l’existence de ce réseau et afficher sa configuration via ces deux commandes :

docker network ls
docker network inspect macvlan_net

Note : l’idéal, c’est que cette plage d’adresses IP (de .144 à .159) soit exclue de la plage de distribution de votre serveur DHCP (votre box Internet ou votre routeur). Cela assure qu’il n’y aura pas de conflits.

Déploiement AdGuard Home avec Docker Compose

Maintenant que le réseau macvlan_net existe, nous pouvons créer notre fichier docker-compose.yml. Mais avant cela, créons l’arborescence de dossiers pour la persistance des données d’AdGuard Home.

sudo mkdir -p /opt/docker-compose/adguard-home/{workdir,confdir}

Note : le dossier confdir contiendra le fichier de configuration AdGuardHome.yaml. Ce fichier contient l’ensemble de la configuration d’AdGuard Home.

Créez un fichier docker-compose.yml :

sudo touch /opt/docker-compose/adguard-home/docker-compose.yml

Insérez la configuration suivante dans ce fichier :

services:
adguardhome:
image: adguard/adguardhome:latest
container_name: adguard
restart: unless-stopped
volumes:
– ./workdir:/opt/adguardhome/work
– ./confdir:/opt/adguardhome/conf
networks:
macvlan_net:
ipv4_address: 192.168.10.151 # L’IP accessible par tous les appareils du réseau local
adguard_bridge:
ipv4_address: 10.10.10.2 # L’IP interne accessible par le NAS/serveur hôte

networks:
macvlan_net:
external: true
adguard_bridge:
driver: bridge
ipam:
config:
– subnet: 10.10.10.0/24
gateway: 10.10.10.1

Lancez ensuite la création du conteneur en vous plaçant dans le dossier contenant le fichier, puis exécutez :

docker compose up -d

L’application va s’initialiser et si vous consultez les journaux (docker compose logs), vous devriez voir ceci :

adguard | [info] webapi: AdGuard Home is available at the following addresses:
adguard | [info] go to http://127.0.0.1:3000
adguard | [info] go to http://[::1]:3000
adguard | [info] go to http://10.10.10.2:3000
adguard | [info] go to http://192.168.10.151:3000
adguard | [info] starting plain server server=plain addr=0.0.0.0:3000

Premiers pas avec AdGuard Home

Une fois le conteneur démarré, ouvrez votre navigateur web et rendez-vous sur l’adresse IP que nous avons définie, suivie du port d’installation par défaut : http://192.168.10.151:3000.

Si cela ne fonctionne pas, et que votre machine Docker est une machine virtuelle, le commutateur virtuel (vSwitch) de votre hyperviseur bloque très probablement la connexion. Pourquoi ? En réalité, le réseau Macvlan génère une nouvelle adresse MAC virtuelle pour le conteneur. Par sécurité, les hyperviseurs bloquent le trafic destiné à une adresse MAC qu’ils n’ont pas explicitement attribuée à la VM.

La solution consiste à modifier les paramètres de la machine virtuelle pour autoriser ce phénomène. Ce sera une configuration à effectuer sur plusieurs plateformes (Hyper-V, VMware, Proxmox…). Dans le cas d’Hyper-V, utilisé pour cet exemple, voici l’option à activer.

Configuration initiale

Un assistant de configuration va vous accueillir. Cinq étapes rapides à compléter nous attendent. Cliquez sur le bouton pour commencer.

Vous devez indiquer sur quelle interface réseau (et quel port) sera joignable l’interface d’administration. La même chose est demandée pour le serveur DNS (port 53). Laissez par défaut (important pour le DNS si le serveur Docker doit aussi utiliser AdGuard Home comme DNS) ou sélectionnez l’interface correspondant à votre IP 192.168.10.151.

Créer un compte administrateur : choisissez un nom d’utilisateur et un mot de passe robuste.

AdGuard Home vous explique rapidement comment configurer vos appareils. En effet, la mise en œuvre d’une telle solution implique une modification de la configuration des appareils de votre réseau. Il ne sera pas nécessaire de configurer manuellement chaque appareil, comme nous le verrons ensuite.

Une fois ces étapes validées, le tableau de bord principal sera accessible sur http://192.168.10.151 (sans le port 3000).

Voilà, la configuration initiale est terminée !

Le tableau de bord affiche des statistiques d’utilisation (requêtes DNS totales, requêtes bloquées, etc.). Le menu présent en haut permet d’accéder aux différentes sections de la configuration.

Actuellement, AdGuard Home est opérationnel. Sa configuration en sortie de boîte permet de filtrer les publicités. Néanmoins, il est préférable d’ajuster sa configuration pour en profiter pleinement, c’est ce que nous allons voir.

Configuration des DNS upstreams (serveurs en amont)

AdGuard Home ne connaît pas toutes les adresses IP des sites web. Lorsqu’il reçoit une requête DNS légitime, il doit la transmettre à un serveur DNS externe capable de la résoudre. C’est un tiers de confiance et vous avez le choix du serveur, ou je dirais même, des serveurs, que vous souhaitez solliciter.

Allez dans Paramètres > Paramètres DNS.

Dans la section “Serveurs DNS en amont”, vous pouvez renseigner les serveurs DNS de votre choix. Certains sont réputés pour être plus respectueux de la vie privée que d’autres, certains feront eux aussi du filtrage, etc…

Il y a le choix. Surtout, AdGuard Home peut interroger ces serveurs DNS via le protocole DNS traditionnel (flux en clair) ou via DoH ou DoT, ce qui permet de chiffrer les flux. Il est donc préférable d’utiliser des serveurs DNS upstreams compatibles DoH ou DoT.

Par exemple les serveurs de Quad9 et Cloudflare via DNS-over-HTTPS :

https://dns10.quad9.net/dns-query

https://dns.cloudflare.com/dns-query

Vous pouvez visiter cette page pour avoir une liste complète de serveurs que vous pouvez solliciter en tant que résolveur DNS.

Par défaut, le mode “Équilibrage de charge” est sélectionné, ce qui signifie que tous les serveurs présents dans votre liste de serveurs upstreams seront sollicités. Par exemple, AdGuard pourra solliciter un serveur DNS pour répondre à un client, et à la prochaine sollicitation, il contactera l’autre serveur DNS. Même si en réalité, AdGuard priorisera celui qui offre les meilleures performances (vous le verrez dans les statistiques). Vous pouvez aussi choisir le mode “Requêtes en parallèle” pour qu’AdGuard sollicite plusieurs serveurs en même temps.

Un peu plus bas dans la page, vous allez tomber sur une section nommée “Serveurs DNS d’amorçage”. Il s’agit de serveurs DNS qu’AdGuard sollicitera pour résoudre les adresses des serveurs DoH. En effet, quand on indique à AdGuard d’utiliser https://dns10.quad9.net/dns-query comme serveur upstream, il doit forcément résoudre ce nom au moins une fois (dns10.quad9.net).

D’autres paramètres sont disponibles pour vous permettre de gérer le comportement du cache, de définir des résolveurs privés (notamment pour les zones de recherche inversées) et le type de blocage. Ce dernier point fait écho à mes propos précédents. En effet, vous indiquez à AdGuard Home comment il doit bloquer les sites correspondant à de la publicité ou autre… Le mode par défaut indique bien “Répondre avec adresse IP zéro”, ce qui veut bien dire qu’AdGuard Home va mentir au client DNS en lui indiquant que l’IP de la ressource est 0.0.0.0.

Pensez à enregistrer les paramètres modifiés au niveau de chaque section de cette même page.

Gestion des listes de filtrage

Par défaut, AdGuard Home utilise sa propre liste de blocage. Pour aller plus loin et améliorer la sécurité de votre réseau, je vous recommande d’ajouter des listes supplémentaires. La gestion de ces listes s’effectue ici : Filtres > Listes de blocage DNS.

Cliquez sur le bouton “Ajouter liste de blocage”. Vous pouvez sélectionner des listes communautaires depuis une liste préconfigurée dans AdGuard Home ou ajouter vos propres listes. L’objectif étant d’utiliser des listes qui offrent un bon ratio de blocage avec très peu de faux positifs (sites légitimes bloqués par erreur). Sinon, cela va devenir un enfer à gérer.

Je vous recommande ces listes :

Steven Black (reconnue mondialement) : https://adguardteam.github.io/HostlistsRegistry/assets/filter_33.txt

Phishing URL Blocklist (PhishTank and OpenPhish) : https://adguardteam.github.io/HostlistsRegistry/assets/filter_30.txt

Nicolas Pawlak (Red Flag Domains) pour bloquer les domaines malveillants (tentative d’usurpation de marques) : https://dl.red.flag.domains/adguard/red.flag.domains.txt

Ajoutez ces listes une par une. Comme le montre l’image ci-dessous, ces listes contiennent plusieurs dizaines de milliers de règles.

Si vous piochez directement dans la liste des listes proposées par AdGuard Home, vous verrez qu’elles sont organisées par catégorie. Je vous invite à cliquer sur le bouton en forme de maison pour accéder au site de la liste afin d’en savoir plus avant de l’activer.

Par ailleurs, dans le menu “Filtres”, il y a une entrée nommée “Règles de filtrage personnalisées”. Cela vous permet de déterminer des règles de blocage ou d’autorisation personnalisées. Quand vous allez créer des exclusions via le “Journal des requêtes”, cela viendra alimenter cette section.

AdGuard Home intègre son propre moteur de gestion de règles, ce qui vous permet de créer du sur-mesure. Une règle || sert à bloquer, tandis qu’une règle @@|| sert à autoriser (débloquer). L’exemple ci-dessous permet de débloquer la plateforme d’affiliation awin.com, que j’utilise pour IT-Connect.

C’est un système très flexible. En effet, vous pouvez gérer des clients dans AdGuard Home (c’est-à-dire vos appareils) et chaque appareil peut avoir un type (PC, NAS, mobile, etc…). Ainsi, vous avez la possibilité de créer des règles qui s’appliqueront uniquement à certains clients nommés ou certains types de clients. L’exemple ci-dessous sert à bloquer le domaine exemple.fr pour tous les clients, sauf ceux qui ont le tag device_phone.

||exemple.fr^$ctag=~device_phone

La syntaxe des règles de blocage est expliquée sur cette page.

Blocage des services

L’une des forces de l’outil AdGuard Home, c’est sa capacité à bloquer des services populaires : ChatGPT, Tinder, Xbox Live, Dropbox, Microsoft Teams, Proton, Amazon, eBay, etc…. Une liste prédéfinie est disponible ici : Filtres > Services bloqués.

Si vous souhaitez empêcher l’accès aux réseaux sociaux (ou à un autre service) sur une plage horaire ou de manière permanente, il suffit de cocher le nom du service et de sauvegarder. AdGuard Home s’occupe alors de bloquer tous les domaines liés à ce service ! En bas de page, vous pouvez aussi créer des règles selon une plage horaire.

Gestion des clients

Pour appliquer des règles de filtrage ou d’exclusion spécifiques, AdGuard Home doit pouvoir identifier l’origine des requêtes DNS. La solution propose quatre méthodes pour effectuer une identification des clients :

Adresse IP (192.168.1.98) : la méthode la plus directe est d’identifier le client à partir de son adresse IP. Mais, attention, l’équipement doit disposer d’une IP fixe (ou d’une réservation DHCP) pour garantir que l’identification reste fiable dans le temps. S’il change d’adresse IP, cela va perturber forcément le bon fonctionnement.

Plage CIDR (192.168.1.0/24) : permet d’appliquer une stratégie à un sous-réseau entier. Idéal pour traiter par lots un réseau invité ou un VLAN dédié aux objets connectés (IoT). Vous fonctionnez par sous-réseau plutôt que par client.

Adresse MAC (AA:BB:CC:DD:EE:FF) : fiable car cette méthode est liée à l’interface matérielle de l’appareil. Néanmoins, cette fonctionnalité requiert que le service DHCP soit géré par AdGuard Home lui-même, et non par votre box ou routeur.

ClientID (DNS chiffré) : une approche avancée réservée lors de l’utilisation des protocoles sécurisés (DoH, DoT ou DoQ). Le client s’identifie au travers d’une URL personnalisée (par exemple : https://dns.domaine.fr/dns-query/mon-client).

La gestion des clients permet d’avoir une idée précise de “qui a accédé à quoi” au niveau du réseau, bien que ce soit tout de même restreint à tout accès qui implique une requête DNS en amont. Mais, c’est aussi une façon de ne pas appliquer les mêmes règles à tous les appareils.

Pour gérer les clients, accédez à : Paramètres > Paramètres du client. Vous pouvez identifier une machine par son adresse IP ou son adresse MAC et lui attribuer une politique spécifique : par exemple, désactiver le blocage de certains services pour votre ordinateur de travail, mais l’activer pour les tablettes des enfants.

Vous pouvez visualiser vos clients existants et en ajouter des nouveaux.

Quand vous ajoutez un client, vous devez le nommer, lui associer des mots-clés (c’est-à-dire un ou plusieurs tags), et surtout un identifiant (selon l’une des méthodes évoquées ci-dessus). Vous avez la possibilité de lui associer des règles spécifiques, comme l’activation du contrôle parentale, la recherche sécurisée, etc.

Les journaux d’accès

La section “Journal des requêtes” accessible depuis le menu principal, permet de visualiser, en temps réel, quelles sont les requêtes DNS traitées par AdGuard Home. Vous verrez les requêtes autorisées et celles bloquées. Quand c’est bloqué, vous saurez de quelle liste provient le blocage (AdGuard DNS Filter, sur l’exemple ci-dessous).

Pour chaque ligne, vous avez plusieurs informations : la date et l’heure, le nom de domaine cible, l’action, et le client à l’origine de la demande. Sur chaque ligne, vous avez aussi trois points verticaux permettant d’accéder à un menu.

Quatre actions sont proposées :

Débloquer : pour créer une règle permettant d’autoriser le domaine en question (de quoi gérer les faux positifs),

Débloquer uniquement pour ce client : comme l’action précédente, mais en autorisant le flux uniquement pour ce client,

Interdire ce client : pour bloquer totalement cet appareil.

Ajouter comme client persistant : pour ajouter cet appareil comme nouveau client persistant dans votre base (ce qui va alimenter Paramètres > Paramètres du client).

Vous pouvez aussi rechercher un domaine, un client, ou filtrer par type de journaux. Ci-dessous, le filtre est positionné sur “Services bloqués”, ce qui permet d’afficher les requêtes pour les services bloqués via la section suivante : Filtres > Services bloqués.

AdGuard Home bloque un site, que faire ?

N’allez pas croire qu’AdGuard Home est une solution miracle qui ne nécessite pas de maintenance. Au début, vous aurez forcément besoin de faire des ajustements dans la configuration, notamment pour débloquer les faux positifs ou les services que vous utilisez et qui ont été bloqués.

Par exemple, si vous utilisez le service de streaming TF1+ pour regarder des programmes en ligne, vous serez confronté à une erreur comme celle-ci :

La raison est simple : TF1+ dispose de capacités de détection lui permettant de voir que vous essayez de bloquer les publicités. Par conséquent, il vous empêche de lire la vidéo. Face à cette situation que vous allez très certainement rencontrer, que faire ?

Voici trois options pour contourner ce blocage :

La liste blanche (ciblée) : ajoutez manuellement les adresses des serveurs publicitaires de TF1 dans vos règles de filtrage personnalisées AdGuard.

L’analyse en direct (sur-mesure) : lancez la vidéo, consultez le journal des requêtes d’AdGuard et débloquez à la volée les lignes rouges qui s’affichent au moment du blocage.

L’exclusion de l’appareil (déconseillé) : enregistrez l’adresse IP de votre TV ou Box dans les paramètres clients d’AdGuard pour désactiver totalement le filtrage antipub sur cet écran précis.

Vous devez donc passer par le “Journal des requêtes” pour identifier les flux bloqués et faire le nécessaire. Pour TF1+, à l’heure actuelle, vous pouvez ajouter ces règles dans le filtrage personnalisé (pour débloquer ces domaines) :

@@||pub.tf1.fr^
@@||s.tf1.fr^
@@||adproxy.tf1.fr^
@@||ads.stickyadstv.com^
@@||tf1-fram.adswizz.com^

La configuration des clients pour AdGuard Home

Votre serveur AdGuard Home est activé, il est configuré, mais pour autant, il ne bloque pas encore les publicités sur vos appareils. C’est normal. Vous devez l’utiliser en tant que serveur DNS. Sur un réseau domestique, la Box est utilisée par défaut en tant que DNS. Mais, là, vous devez solliciter votre serveur AdGuard Home.

Plusieurs options sont possibles pour effectuer la configuration des clients :

Modifier la configuration du DHCP sur votre box (ou routeur) pour diffuser l’adresse IP de votre serveur AdGuard Home comme DNS. Au niveau des options, cela dépend si vous utilisez une Box Orange, Free, Bouygues, etc.

Utiliser AdGuard Home comme DHCP, et donc diffuser son IP comme serveur DNS. Veillez à désactiver le DHCP de la Box si vous partez sur cette méthode.

Éditez manuellement la configuration IP d’un appareil pour spécifier l’adresse IP du serveur AdGuard Home comme serveur DNS. Méthode nécessaire sur les appareils avec une adresse IP fixe, et dans un premier temps pour faire un test de bon fonctionnement.

Sur Windows, cela revient à spécifier l’adresse IP du serveur AdGuard Home de cette façon :

À partir du moment où la configuration sera effective, vous verrez de premières lignes arriver dans le journal des accès d’AdGuard Home.

Bloquer les publicités depuis n’importe où

Si vous désirez profiter du blocage des publicités depuis n’importe où, c’est-à-dire y compris lorsque vous n’êtes pas connecté à votre réseau local, sachez que c’est possible. Vous devez utiliser une connexion VPN vers votre réseau local, afin d’appliquer le même principe : utiliser le serveur AdGuard Home comme serveur DNS.

Pour mettre en place cette connexion à distance, plusieurs solutions sont envisageables :

Utiliser un VPN de type OpenVPN ou WireGuard, ce second étant recommandé pour de meilleures performances,

Utiliser une solution comme Tailscale ou Twingate pour mettre en place un réseau maillé sécurisé entre vos appareils (approche ZTNA).

Il existe tout de même une autre solution qui n’implique même pas l’utilisation d’un VPN : DNS-over-HTTPS.

Vous pouvez exposer votre serveur AdGuard Home sur Internet sous la forme d’un serveur DNS compatible DNS-over-HTTPS (DoH). Ainsi, vous n’exposez pas directement l’interface d’administration de la solution, mais bien le point d’entrée sécurisé en HTTPS.

Pour cela, vous devez :

Activer l’option “Activer le chiffrement (HTTPS, DNS-over-HTTPS et DNS-over-TLS)” dans les paramètres de chiffrement d’AdGuard Home. Ce qui implique également d’importer un certificat TLS pour chiffrer les connexions.

Publier AdGuard Home via un reverse proxy ou Cloudflare, de façon à publier de façon sécurisée votre instance comme vous pourriez le faire avec une autre solution.

Note : sans cette configuration, AdGuard Home peut tout de même contacter les résolveurs DNS externes (upstreams) via DoH ou DoT.

Conclusion

Le déploiement d’AdGuard Home sur un réseau local est une démarche efficace pour assainir sa navigation web. En centralisant le filtrage au niveau du protocole DNS, vous protégez d’un seul coup l’ensemble des équipements de votre réseau, y compris les objets connectés ou les TV connectées sur lesquels l’installation d’un bloqueur de publicités n’est pas toujours possible.

Je publierai très prochainement des articles complémentaires pour vous expliquer comment utiliser AdGuard Home en tant que DoH, mais pas seulement.

FAQ AdGuard Home

Qu’est-ce qu’AdGuard Home ?

C’est un logiciel open source agissant comme un serveur DNS pour filtrer les requêtes réseau, bloquant ainsi les publicités et le suivi à l’échelle de tout un réseau.

Quelle est la différence entre AdGuard Home et Pi-hole ?

Pi-hole est l’outil historique, très populaire. AdGuard Home, écrit en Go, est plus récent et propose nativement des fonctionnalités comme le chiffrement DNS (DoH/DoT) et le blocage d’applications spécifiques, sans nécessiter de configurations additionnelles. Les deux applications répondent aux mêmes besoins : le blocage des publicités.

AdGuard Home bloque-t-il les publicités sur YouTube ?

Le blocage des publicités YouTube via DNS est complexe car Google sert ses vidéos et ses publicités depuis les mêmes noms de domaine. AdGuard Home ne peut pas bloquer ces publicités de manière fiable sans risquer de bloquer la vidéo elle-même.

Est-ce qu’AdGuard Home ralentit ma connexion Internet ?

Non, je dirais même qu’il aura a tendance à l’accélérer ! En bloquant les publicités et les scripts lourds avant même qu’ils ne soient téléchargés, les pages web se chargent plus rapidement et la bande passante est économisée.

Puis-je utiliser AdGuard Home en dehors de mon réseau local ?

C’est possible si vous le couplez avec un serveur VPN personnel (comme WireGuard ou OpenVPN) ou des solutions de réseau maillé comme Tailscale ou Twingate. Vos appareils mobiles profiteront ainsi du filtrage même en 4G/5G.

Qu’est-ce qu’un serveur DNS “upstream” ou en amont ?

C’est le serveur DNS public (comme ceux de Cloudflare, Google, ou Quad9) vers lequel AdGuard Home transfère vos requêtes si le domaine demandé n’est pas bloqué par vos listes. C’est ce qui vous permet d’avoir accès à Internet.

Ingénieur système et réseau, cofondateur d’IT-Connect et Microsoft MVP “Cloud and Datacenter Management”. Je souhaite partager mon expérience et mes découvertes au travers de mes articles. Généraliste avec une attirance particulière pour les solutions Microsoft et le scripting. Bonne lecture.



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