critique venom 3 sony
  • 29 octobre 2024
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Au grand dam de Marvel et Disney, Sony Pictures détient les droits de plusieurs héros de son univers de comics. Au début des années 2000, Columbia Pictures s’offrait la possibilité d’exploiter Spider-Man et plusieurs antagonistes qui croisent sa route sur papier glacé. Sony Pictures ouvrait ainsi en 2018 les portes d’un nouvel univers cinématographique avec la ferme intention de s’approcher des résultats stratosphériques du MCU dans les salles obscures. Fort du succès de Spider-Man : Homecoming, et avec la popularité du tisseur de toile comme seul argument, la firme consacrait un premier long-métrage à Venom et son hôte Eddie Brock.

Tom Hardy en tête d’affiche et le réalisateur de Bienvenue à Zombieland aux manettes, le projet avait de quoi piquer la curiosité des adorateurs de comics et plus largement de comédies d’action déjantées. Si la critique n’était pas vraiment emballée, les recettes n’en étaient pas moins impressionnantes. Venom premier du nom, est parvenu à récolter plus de 850 millions de dollars dans le monde. Avec Venom : The Last Dance, Sony Pictures doit pourtant se résoudre à abandonner ses têtes d’affiches. Kelly Marcel, qui a œuvré à l’écriture des deux précédents films, passe derrière la caméra pour offrir à ses héros une ultime danse à son duo.

Quelque temps après les événements de Venom : Let there be carnage, qui malgré la confusion qu’il inspirait aux spectateurs avaient posé quelques bases, Eddie est en cavale. En Amérique du Sud, le personnage et son symbiote restent sous les radars. C’était sans compter sur les événements de No Way Home, qui l’ont vu débarquer dans la réalité de Tom Holland. De retour dans son monde, Eddie décide de tenter sa chance à New York. Il veut se faire oublier dans la cité tentaculaire, mais le roadtrip de nos deux héros va prendre un tournant inattendu lorsqu’un ennemi surpuissant sort de l’ombre.

© Sony Pictures

Mauvais tempo

Dès les premiers instants, Venom : The Last Dance balaie du revers de la main tout ce que les scènes post-crédits de No Way Home et Let there be carnage avaient tenté de faire éclore. Comme on pouvait s’en douter, et alors que le MCU peine déjà à exploiter l’idée du multivers, c’est bien dans leur propre réalité qu’évolueront Eddie Brock et le symbiote. Le voyage dans le Marvel Cinematic Universe aura été de courte durée, le personnage a d’autres problèmes. Quantité de problèmes même.

Il est recherché par les autorités, Venom par des créatures sanguinaires envoyées par Knull. Comme le laissait entendre la bande-annonce, Sony prépare l’arrivée du grand méchant de son univers cinématographique. Avant de matérialiser un affrontement dantesque, ce sont ses sbires qui se chargeront de pourchasser nos deux personnages. Dans le même temps, la Zone 51 s’apprête à être démantelée pour laisser sa place à un laboratoire très secret situé à plusieurs kilomètres sous terre. Le gouvernement y étudie bien des aliens, mais pas de bons hommes verts. L’armée est sur la trace de Venom et compte bien ajouter le symbiote noir à sa collection. Fuyant tous ces ennemis, Venom et Eddie se lancent dans un voyage à travers le Grand Ouest américain.

© Sony PIctures

Trois intrigues diverses, trois approches pour un peu moins de deux heures, les scénaristes n’ont pas ménagé leurs peines afin d’offrir un semblant de rythme à cette production. Entre roadmovie, traque acharnée et comédie romantique, le film de Kelly Marcel ne choisit jamais. La narration navigue mécaniquement entre ces différentes intrigues et tonalités, sans jamais parvenir à leur donner corps. Comme ses prédécesseurs, ce nouveau film repose sur un montage des plus douteux. Il semble empêtré entre les ambitions de la réalisatrice et les impératifs de Sony Pictures bien décidé à faire naître son propre Thanos. Comme la créature qu’il met en scène, Venom : The Last Dance en ressort difforme.

Si l’idée d’un roadtrip en guise d’adieu n’est pas à jeter, force est de constater que The Last Dance échoue à tous les niveaux. Le développement des personnages est traité par-dessus la jambe, la narration étant trop occupée à placer les pions pour un prochain film centré sur Knull. La séquence finale enfonce d’ailleurs le clou, l’antagoniste n’instille pas la moindre crainte chez son auditoire. Il ne sera rien d’autre qu’une ombre qui plane sur l’intrigue, tandis que ses créatures démoniaques pourchassent les deux compères. Pensez Avengers premier du nom, avec l’invasion de New York ordonnée par Thanos, mais écrite par des scénaristes en pleine crise d’épilepsie. Le film se contentera d’ailleurs de jeter certains enjeux au moyen de répliques peu inspirées, sans jamais véritablement leur donner de la consistance ou le moindre impact. Par exemple, l’impossibilité pour le symbiote de se transformer totalement intervient comme un accessoire au service d’un semblant de tension dramatique, avant d’être reniée pour faire naître des scènes tantôt comiques, tantôt dramatiques.

De briques et de Brock

Dès le premier film, le talent de Tom Hardy semblait largement sous-employé dans cette comédie qui ne parvenait pas à dépasser son statut de blockbuster pas franchement premier de la classe. Let there be carnage ne faisait guère mieux, même si les duels internes entre le parasite et son hôte pouvaient parfois prêter à sourire. Ils sont reproduits ici, sans le même ludisme. Kelly Marcel tente d’insuffler du drame dans ce buddy movie faisandé et ne le fait qu’aux moyens de répliques risibles. Et pourtant, il y a occasionnellement quelques sursauts de créativité, comme lorsque Venom fait honneur à son titre en offrant une séquence dansée au symbiote. Reste que cette exubérance est livrée au milieu de nombreuses séquences au mieux incohérentes, au pire complètement ratées. Même le déluge d’action en guise de final, plutôt réjouissant, ne suffit pas à réveiller les spectateurs groggys.

© Sony Pictures

Eddie et Venom ne sont d’ailleurs pas les seuls personnages malmenés ici, celui de Juno Temple est un autre exemple du gâchis que représente Venom 3. L’héroïne est à l’épicentre d’une séquence flash-back affligeante, nouvel impair pour un film qui en raconte trop sans jamais vraiment en dire assez. Pas assez délirant pour être un nanar, The Last Dance n’a rien d’une ultime valse endiablée, c’est un nouveau faux pas pour Sony Pictures. Pourtant, tout n’est à jeter. La saga profite d’une copie visuelle assez efficace, ce troisième film livre quelques séquences plutôt plaisantes à l’instar de la confection d’un cocktail qui ne manque pas d’énergie ou d’une course poursuite en moto qui n’hésite pas à jouer avec son environnement. Ce n’est néanmoins pas suffisant pour faire de Venom : The Last Dance une belle surprise. L’on a aussi beaucoup de mal à pardonner l’esthétique des autres symbiotes, dégoulinante de CGI impersonnelles et qui complètement en opposition avec l’esthétique pourtant plus réaliste de la première moitié du film.

Déjà la fin pour l’univers ?

Six ans après ces débuts, l’univers des personnages Marvel chez Sony est déjà en bout de course. Avant même d’avoir commencé, il reposait sur une pléiade de protagonistes secondaires dans les comics, qui intéressent peu le grand public et qui ne sont que peu de choses sans leurs rivalités avec Spider-Man. Venom est l’anomalie au sein d’une licence vouée à l’échec. Si le symbiote s’en sort plutôt bien, aidé par son apparition dans la trilogie de Sam Raimi, les autres essais de Sony Pictures ont été faits avec pertes et fracas. Morbius a été un véritable bide dans les salles obscures, Madame Web encore plus. Les deux métrages ont rapporté respectivement 162 et 97 millions de dollars au box-office mondial. Avec des enveloppes estimées à plus de 100 millions, les opérations n’ont pas été rentables. Et les choses ne devraient pas aller en s’arrangeant.

Dans quelques semaines, c’est avec Kraven Le Chasseur que les spectateurs ont rendez-vous. Si la présence d’Aaron Taylor-Johnson pourrait attirer quelques regards, le projet a connu un développement tumultueux qui n’est que rarement de bon augure. Initialement prévu pour l’année 2023, le film de J.C Chandor a été repoussé à trois reprises. Tandis qu’il devait profiter d’une sortie concomitante avec Spider-Man 2 chez PlayStation, le personnage était au cœur de la narration du jeu Insomniac, c’est finalement à une période très chargée dans les salles obscures du monde qu’il se montrera. Kraven le Chasseur arrive également à une période où les super-héros n’ont pas la cote.

Rappelons qu’il s’agit officiellement du dernier film Sony dédié à un personnage Marvel promis à une sortie sur nos écrans. L’avenir est plus qu’incertain pour Sony Pictures et sa licence qui peine à s’imposer comme une référence dans le domaine. Spider-Man 4, qui vient d’être officialisé, n’entre pas dans cet univers et aura sans doute plus à faire avec Avengers 5 et 6.

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