
I. Présentation
Face à la fin du support de Windows 10 le 14 octobre 2025, une question se pose pour tous les utilisateurs dont les ordinateurs ne sont pas compatibles avec Windows 11 : dois-je passer mon ordinateur sous Linux ?
Cette première interrogation amène toute une série de questions : mon ordinateur est-il compatible Linux ? Est-il est compliqué d’utiliser Linux ? Quelle distribution Linux choisir ? Mes logiciels préférés sont-ils compatibles ? Etc…
L’idée étant de pouvoir continuer à profiter d’un ordinateur qui, fonctionne, mais dont le système d’exploitation arrive en fin de vie. Et, surtout, qui ne supporte pas officiellement le passe de Windows 10 à Windows 11, à cause d’un manque de compatibilité.
Au-delà d’envisager un changement radical et le passage à Linux, je vous rappelle que vous avez les options suivantes :
Forcer la migration de Windows 10 à Windows 11, avec un outil comme Flyby11.
Payer pour le support de sécurité étendu de Windows 10, soit environ 30 euros par an et par ordinateur (sachant que le tarif augmente tous les ans). À moins de profiter d’une alternative gratuite pour profiter du programme ESU Windows 10 (points Microsoft Rewards, Sauvegarde Windows).
Utiliser la version Windows 10 Enterprise LTSC, car elle est prise en charge encore pendant des années (2027 ou 2029, selon la version).
Un autre choix possible, c’est bien entendu le passage sous Linux. Dans cette optique, cet article a pour objectif de vous fournir un maximum d’informations pour éviter les mauvaises surprises. Autrement dit, il vous éclairera sur le sujet et vous permettra de savoir si vous êtes prêts ou non à passer sur Linux. Certains aspects techniques et pratiques sont à considérer avant de se lancer dans cette démarche, comme nous allons le voir.
II. Les avantages et les inconvénients de passer sous Linux
Le passage de Windows 10 à Linux représente une alternative attrayante pour de nombreux utilisateurs. En effet, sur le papier, Linux apporte cette sensation de liberté et offre à l’utilisateur la possibilité de faire ses propres choix, plutôt que de subir ceux de l’éditeur.
Il y aurait donc des avantages à abandonner Windows pour passer sous Linux. Mais, il y a aussi des inconvénients qui sont plutôt des points d’attention. Voici ce que vous devez savoir.
A. Les avantages de Linux
L’un des principaux atouts de Linux est sa gratuité, éliminant les coûts de licence associés aux systèmes d’exploitation propriétaires. Mais, au-delà de cela, Linux a un avantage vis-à-vis de Windows : il ne souffre pas de l’obsolescence programmée, car il est moins strict sur les prérequis matériels. Linux est également plus respectueux de la vie privée que Windows : certains diront que Linux n’a pas de logiciels espions intégrés contrairement à Windows.
Linux, c’est donc l’opportunité de redonner une seconde jeunesse à un matériel informatique considéré comme obsolète du point de vue de Windows 11. Cet argument pèse lourd dans la balance actuellement, car il cible directement le portefeuille des entreprises et des particuliers. Continuer à utiliser le même matériel quelques années de plus, c’est également un signal positif pour la planète.
En matière de sécurité, bien que Linux ne soit pas exempt de vulnérabilités, le nombre de failles de sécurité découvertes est généralement moins important que sur Windows. Soyons honnêtes : sur les postes de travail, Windows est le système d’exploitation le plus utilisé dans le monde, est de loin, ce qui en fait une cible privilégiée.
L’accessibilité de Linux s’est considérablement améliorée au fil des ans. Ce qui était autrefois un inconvénient de Linux, n’en plus réellement un : l’installation et l’utilisation de Linux sont devenues beaucoup plus conviviales. Surtout, Linux est devenu beaucoup plus accessible pour les novices, ce qui rend la transition depuis Windows moins abrupt qu’auparavant… Même si ce n’est pas une généralité, les distributions Linux ont évoluées vers des interfaces graphiques intuitives et des outils simplifiés pour la gestion du système.
B. Les inconvénients de Linux
Il est important de considérer certains points d’attention avant d’opter pour Linux à la place de Windows.
Tout d’abord, la compatibilité matérielle peut parfois poser un problème en raison du manque de pilotes pour certains périphériques spécifiques. Certains pilotes de cartes graphiques peuvent nécessiter des étapes de configuration manuelles qui ne sont pas toujours faciles à appréhender pour un débutant avec les outils informatiques.
Nous pouvons faire la même remarque pour la compatibilité des logiciels. Certains logiciels propriétaires, notamment la suite Microsoft Office (Word, Excel, PowerPoint, etc.), ne fonctionnent pas nativement sous Linux (à moins d’utiliser la version Web). Ceci pousse les utilisateurs à trouver des alternatives, et en tant qu’alternative à Office, il y a notamment LibreOffice et ONLYOFFICE.
Windows, c’est beaucoup de clics, y compris pour le dépannage ou la configuration du système. Linux, quant à lui, a toujours cette tendance à renvoyer rapidement l’utilisateur vers la ligne de commande, ce qui peut en effrayer certains. Bien que de nombreuses tâches puissent être effectuées via des interfaces graphiques, une certaine familiarité avec le terminal peut être utile pour des opérations dans de nombreuses situations. Des ressources en ligne, telles que les tutoriels IT-Connect et différents forums, peuvent vous aider à surmonter ces éventuelles difficultés : Linux, c’est aussi une importante communauté.
Avant d’envisager de passer sous Linux, je vous recommande de dresser la liste de vos logiciels indispensables et de regarder s’ils sont disponibles sur Linux. Le cas échéant, regardez s’il existe des alternatives qui répondent à vos besoins.
III. Le support des distributions Linux
Le support des distributions Linux n’est pas illimité : la distribution Linux que vous allez installer aujourd’hui ne bénéficiera pas de mises à jour pendant 20 ans. Au même titre que Windows, chaque distribution Linux a un cycle de vie, et c’est normal.
Ainsi, si nous prenons l’exemple de la distribution Ubuntu, il y a des versions standards et des versions LTS, ces dernières ayant un support sur le long terme (comme les versions LTSC de Windows).
Voici quelques exemples :
Ubuntu 24.04 LTS est disponible depuis le 20 février 2025. Elle bénéficiera du support (prise en charge du matériel et correctifs pour la sécurité et les bugs) jusqu’au 25 avril 2029. Ensuite, elle va rentrer dans sa phase de support étendu où elle bénéficiera uniquement des mises à jour de sécurité jusqu’au 25 avril 2036. Cela signifie que, pendant un peu plus de 10 ans, vous pouvez utiliser cette version.
Ubuntu 25.04 est disponible depuis le 17 avril 2025. Cette version intègre les dernières nouveautés d’Ubuntu et elle va bénéficier du support principal jusqu’au 17 janvier 2026. Elle n’aura pas le droit à un support étendu pour les mises à jour de sécurité. Les utilisateurs de cette version seront invités à passer sur Ubuntu 25.10. À titre de comparaison, sur Windows 11, nous effectuons une mise à niveau de la version 23H2 à la version 24H2 lorsque la situation se produit.
Un tour sur le site EndOfLife.date est pratique pour connaître la date de fin de support des différentes distributions Linux. Voici un exemple pour Ubuntu.
Le choix de la version est donc important, et surtout, même si vous passez sous Linux, vous devez prêter une attention particulière aux mises à jour.
IV. Quels sont les logiciels disponibles sous Linux ?
Le passage sur Linux soulève légitimement la question de la disponibilité des logiciels que vous utilisez quotidiennement sous Windows. L’écosystème Linux offre une pléthore d’alternatives logicielles, souvent gratuites et open source, capables de répondre à la majorité de vos besoins. Néanmoins, ce n’est pas toujours le cas…
La suite bureautique LibreOffice est une alternative gratuite et complète à Microsoft Office. Elle comprend un traitement de texte (Writer), un tableur (Calc), un outil de présentation (Impress), un outil de dessin (Draw), une solution de gestion de bases de données (Base) et un éditeur de formules mathématiques (Math).
LibreOffice est compatible avec les formats de fichiers Microsoft Office (.docx, .xlsx, .pptx, etc.), ce qui facilite la transition et le partage de documents. D’autres suites bureautiques existent, comme ONLYOFFICE, également compatible avec les formats Microsoft Office et qui est très complète !
Les navigateurs web les plus populaires, tels que Google Chrome, Microsoft Edge, Mozilla Firefox ou encore Brave, sont disponibles sous Linux. Vous retrouverez vos habitudes de navigation, vos extensions et vos favoris : ceci est d’autant plus vrai si vous utilisez un compte pour synchroniser vos informations entre vos appareils.
Microsoft Outlook n’a pas de version officielle disponible pour Linux. Vous devez donc basculer sur une version Web d’Outlook ou utiliser une alternative. À ce sujet, il peut sembler judicieux de regarder du côté de Mozilla, l’éditeur de Firefox, également mainteneur du client de messagerie Thunderbird.
Vous pourrez configurer vos comptes de messagerie (Gmail, Outlook, etc.) et gérer vos emails, calendriers et contacts.
Édition d’images et de vidéos
Pour l’édition d’images sous Linux, il y a une application populaire et incontournable : GIMP. Elle représente une alternative gratuite à Adobe Photoshop. Il offre de nombreuses fonctionnalités pour la retouche photo.
Pour l’édition vectorielle, Inkscape est une excellente alternative à Adobe Illustrator. Pour le montage vidéo, des logiciels comme Kdenlive, OpenShot et même DaVinci Resolve (dans sa version gratuite) sont disponibles sous Linux. Vous pouvez compter aussi sur OBS Studio pour le streaming et l’enregistrement vidéo.
De nombreux lecteurs multimédias sont disponibles sous Linux, tels que VLC Media Player, qu’il n’est plus nécessaire de présenter. Vous pourrez donc écouter votre musique et regarder vos films sans problème, de la même façon que sur Windows.
Si vous utilisez Spotify, sachez que le client Spotify peut aussi s’installer sur Linux.
Les développeurs n’ont pas à être inquiet et la majorité d’entre eux utilisent déjà Linux… Mais, à titre de rappel, sachez que les solutions populaires sont compatibles avec Linux. Nous pouvons notamment citer des environnements de développement intégrés (IDE) comme Visual Studio Code, Eclipse et IntelliJ IDEA.
Les logiciels spécifiques
Difficile d’être exhaustif, donc si les points abordés ci-dessus ne répondent pas à vos interrogations, effectuez des recherches de votre côté. Sachez que des outils comme Wine peuvent également permettre d’exécuter certains logiciels Windows sous Linux, bien que la compatibilité ne soit pas toujours garantie (ceci peut être une solution malgré tout).
Il y a un point important que nous n’avons pas encore évoqué : peut-on jouer sur Linux ? C’est ce que nous allons évoquer dans la prochaine partie de cet article.
V. Peut-on jouer sur Linux ?
Le monde du jeu vidéo sur Linux s’est considérablement développé (et amélioré) ces dernières années. Ces améliorations sont à mettre au crédit d’initiatives comme Steam Play (Proton), qui permet de faire fonctionner de nombreux jeux initialement conçus pour Windows. De plus, des jeux sont développés nativement pour Linux.
Initialement perçu comme un système d’exploitation principalement destiné aux professionnels et aux développeurs, Linux est désormais une alternative viable pour les amateurs de jeux vidéo. Si nous revenons sur Steam Play, il s’agit d’une couche de compatibilité qui traduit les appels d’API Windows (DirectX) en appels compréhensibles par Linux (Vulkan). Grâce à Proton, une vaste bibliothèque de jeux initialement conçus exclusivement pour Windows est désormais jouable sous Linux sans nécessiter de portage natif.
Cette technologique concerne les adeptes de jeux vidéos et ce qui semble être un détail peut, finalement, encourager des milliers de performances à sauter le pas. Auparavant, le manque de compatibilité avec les jeux était un frein majeur à l’adoption de Linux par les gamers.
Par ailleurs, il est intéressant de noter que certains jeux développés nativement pour Linux peuvent offrir de meilleures performances sur Linux que sur Windows. Au-delà de la prise en charge de plus en plus de titres, ce qui change la donne, c’est la compatibilité des pilotes de cartes graphiques.
Linux n’est pas la meilleure plateforme pour jouer. Windows reste, à ce jour, le système d’exploitation avec la meilleure prise en charge pour les jeux vidéos. Mais, vous l’aurez compris : il est possible de jouer sur Linux et la situation s’améliore en faveur des gamers.
Note : Discord, très apprécié par les gamers, est bien disponible sur Linux.
VI. Quelle distribution Linux choisir ?
Ça y est, vous êtes décidé à passer sous Linux ! Mais, sachant qu’il existe des centaines de distributions Linux, laquelle allez-vous choisir ?
Pour les postes de travail, 3 distributions sortent du lot grâce à leur stabilité, leur historique, leur communauté et leur polyvalence : Ubuntu, Fedora et Linux Mint.
Note : comment expliquer qu’il y ait autant de distributions Linux ? Une distribution Linux peut donner naissance à une autre, qui elle-même servira de base pour un autre projet. L’univers de Linux et de l’open source offre cette opportunité : n’importe qui peut lancer son projet. Par ailleurs, les mainteneurs peuvent créer plusieurs variantes d’une même distribution (une version plus légère, une version optimisée pour le Cloud, etc.). Résultat, il y a énormément de dérivés (fork). Consultez l’infographie disponible sur Wikipédia pour bien comprendre ce phénomène.
Commençons par évoquer Fedora, ou plutôt Fedora KDE (Plasma), une distribution Linux taillée pour les professionnels et le monde de l’entreprise. Ce n’est pas anodin puisqu’il s’agit de la version communautaire, et donc gratuite, de Red Hat Enterprise Linux (RHEL). Red Hat est donc le mainteneur de cette distribution qui est une référence. Une nouvelle version de Fedora est publiée environ tous les 6 mois, et chaque version bénéficie de 13 mois de support.
Aperçu de Fedora 42 KDE Plasma
Quant à Ubuntu, une distribution Linux basée sur Debian et maintenue par Canonical, il s’agit aussi d’une valeur sûre. Lorsque l’on parle de Linux, Ubuntu est souvent l’un des premiers noms de distribution qui vient ensuite… Il y a même plusieurs déclinaisons d’Ubuntu, dont Wubuntu : une distribution Linux aux airs de Windows 11. Au même titre que Fedora, Canonical publie de nouvelles versions d’Ubuntu tous les 6 mois, avec des versions LTS tous les deux ans (qui ont l’avantage de bénéficier d’un support standard sur 5 ans).
Aperçu d’Ubuntu 24.04
Enfin, Linux Mint, mérite aussi une attention particulière. D’ailleurs, Linux Mint est, lui aussi, basé sur Ubuntu, même si c’est un projet à part entière. Ce qui plait avec Linux Mint, c’est la simplicité d’utilisation : un point très important quand on découvre Linux pour la première fois et que tous nos réflexes sont sur Windows. Linux Mint est publié uniquement sous la forme de version LTS, avec un support long terme calé sur la version d’Ubuntu ayant servi de base (voir cette page).
Aperçu de Linux Mint 22.1 Cinnamon
Même si j’évoque ici seulement 3 distributions, il en existe beaucoup d’autres…Je pourrais d’ailleurs vous donner quelques noms : Zorin OS (basé également sur Ubuntu) et AnduinOS, deux distributions qui ressemblent énormément à Windows 11.
Vous devez savoir également que Linux, c’est aussi un environnement de bureau qui vient se greffer sur le système d’exploitation, notamment Gnome, Xfce et KDE. Ainsi, certaines distributions Linux partages le même environnement de bureau et ce dernier a ensuite été personnalisé par les développeurs.
Note : il existe plusieurs versions de Fedora, dont Fedora KDE Plasma basé sur l’environnement de bureau KDE, et Fedora Workstation basé sur GNOME.
La meilleure façon de se rendre compte que Linux peut remplacer Windows, c’est probablement d’essayer par soi-même. Il existe plusieurs façons de tester des distributions Linux sans écraser directement son système d’exploitation Windows :
La virtualisation depuis votre machine Windows. La virtualisation à l’aide d’Hyper-V, VMware Workstation ou Virtualbox peut vous aider à installer Linux dans un environnement virtuel, sur votre PC Windows. Ainsi, vous effectuez des tests sans altérer Windows et vos données.
L’utilisation en “Live”, que l’on appelait avant “Live CD”. Vous créez une clé USB d’installation et vous démarrez dessus, dans de nombreux cas, vous aurez alors l’opportunité de tester la distribution en live, avant de décider de l’installer ou pas. En fait, le système est chargé en mémoire de façon temporaire.
L’installation de Linux aux côtés de Windows, via un dual boot. Quand vous démarrez votre PC, vous avez le choix entre l’utilisation de Windows ou de Linux. À ce sujet, retrouvez notre tutoriel : Dual Boot – Installer Windows et Linux sur le même PC.
L’utilisation de DistroSea, un site web très utile pour essayer les distributions Linux directement dans votre navigateur. Surement le moyen le plus simple de se faire une première idée. C’est gratuit, même s’il faut parfois patienter quelques minutes, car il y a un système de liste d’attente.
VIII. Créer une clé USB bootable pour installer Linux
Pour installer une distribution Linux sur votre PC, à la place de Windows, vous devez effacer Windows (et vos données) pour installer Linux à la place. Vous avez besoin :
D’une image ISO de Linux, c’est-à-dire un fichier d’installation d’Ubuntu, Linux Mint ou autre, selon votre choix. Référez-vous sur les sites officiels, et uniquement sur les sites officiels ! Voici quelques liens utiles :
D’une clé USB sur laquelle déployer l’image ISO (ou les images ISO)
D’un logiciel pour créer la clé USB bootable
D’un peu de temps devant vous !
Pour créer la clé USB bootable, il y a deux applications incontournables : Rufus et balenaEtcher. Néanmoins, je vous propose plutôt d’utiliser Ventoy. Il s’agit d’une application open source que vous pouvez utiliser pour créer une clé USB multiboot : vous pouvez déposer plusieurs images ISO sur votre clé USB et choisir laquelle lancer. Ceci est très pratique, car :
Avec une seule clé USB, vous pouvez installer X systèmes d’exploitation
Vous pouvez copier-coller les images ISO sur une clé USB unique et ensuite procéder à vos tests en “Live”
A. Créer une clé USB avec Ventoy
Commencez par télécharger Ventoy à partir du GitHub officiel du projet. Vous obtenez une archive ZIP (“ventoy-1.1.05-windows.zip”) qu’il faudra décompresser sur votre ordinateur. Ensuite, exécutez le programme nommé Ventoy2Disk.exe. Vous n’aurez plus qu’à sélectionner votre clé USB (1) puis cliquer sur “Install” (2) pour créer votre clé USB Ventoy. Votre clé USB sera formatée, donc vous serez invité à confirmer (3).
Quand la clé est créée, vous n’avez qu’à copier-coller vos images ISO sur votre clé USB nommée Ventoy. Vous pouvez ajouter des images de distribution Linux, mais aussi de Windows. Vous obtenez un résultat similaire à celui-ci :
Si besoin, consultez cet article de prise en main de Ventoy :
B. Créer une clé USB bootable avec Rufus
Voici les étapes à suivre pour créer une clé USB bootable avec Rufus. Si vous avez déjà fait le nécessaire avec Ventoy, vous pouvez ignorer cette étape.
1. Télécharger Rufus : rendez-vous sur le site officiel de Rufus (rufus.ie/) et téléchargez la version portable ou installable.
2. Préparer votre image ISO Linux : assurez-vous d’avoir téléchargé l’image ISO de la distribution Linux que vous souhaitez installer (par exemple, Ubuntu, Fedora, etc.).
3. Connecter votre clé USB : insérez votre clé USB dans un port USB de votre ordinateur. Notez que toutes les données présentes sur la clé USB seront effacées.
4. Lancer Rufus
5. Sélectionner le périphérique : dans l’interface de Rufus, sélectionnez votre clé USB dans le menu déroulant “Périphérique”.
6. Choisir l’image ISO : Cliquez sur le bouton “SÉLECTION” à côté de “Type de démarrage”. Naviguez jusqu’à l’endroit où vous avez téléchargé l’image ISO Linux et sélectionnez-la.
7. Options de partition : vérifiez les options de partition et de système de fichiers. Généralement, les paramètres par défaut sont corrects (GPT pour les systèmes UEFI, MBR pour les anciens BIOS).
8. Démarrer le processus : cliquez sur le bouton “DÉMARRER”. Un avertissement apparaîtra indiquant que toutes les données sur la clé USB seront effacées. Confirmez en cliquant sur “OK”. Avant cela, un message concernant une version du GRUB peut s’afficher, confirme avec “Oui”.
9. Patientez le temps de la création de la clé : attendez que Rufus termine de créer la clé USB bootable. Une fois terminé, la barre de progression indiquera “Prêt”, vous pouvez alors fermer Rufus.
La prochaine étape : redémarrer sur votre ordinateur et charger le système déployé sur la clé USB !
C. Avant de commencer : sauvegardez vos données
Étant donné que vous vous apprêtez à effacer Windows au profit de Linux, veillez à sauvegarder vos données avant d’installer Linux ! Même si votre machine dispose de plusieurs disques ou partitions, et que vous envisagez de ne pas les altérer, prenez des précautions en sauvegardant vos données. Vous pouvez tout à fait sauvegarder vos données sur un disque dur externe. Puis, quand Linux sera installé, vous n’aurez qu’à connecter le disque dur à votre PC pour récupérer vos données.
Il en va de même pour votre clé USB : assurez-vous de sauvegarder toutes les données importantes de votre clé USB avant de commencer, car elles seront effacées.
D. Booter sur la clé USB
Désormais, vous devez “booter sur votre clé USB”, c’est-à-dire démarrer sur l’image installée sur la clé USB, plutôt que de charger Windows.
Pour démarrer votre ordinateur à partir de la clé USB, vous devrez peut-être modifier l’ordre de démarrage dans le BIOS ou l’UEFI de votre ordinateur. Cela se fait généralement en appuyant sur une touche spécifique (comme F2, F12, Suppr ou Échap) au démarrage de l’ordinateur. Vous devrez ensuite modifier l’ordre de démarrage pour prioriser la clé USB à la place du disque où Windows est installé. Difficile de vous guider avec précision, car d’une machine à l’autre, le menu peut fortement changer.
L’exemple ci-dessous met en évidence ce que vous devez faire : positionner la clé USB (USB Key) en première position. Ainsi, le PC va charger le contenu de la clé avant le contenu du disque.
Sur ma tablette Surface, l’interface est différente puisqu’il s’agit d’un UEFI. L’objectif reste le même : positionner la clé USB en première position, ici elle est appelée “USB Storage”.
À noter aussi :
Si vous modifiez le “Boot Order”, vous pourrez repositionner le disque en première position une fois l’installation de Linux terminée.
Sur certaines machines, il y a aussi un “Boot Menu” qui permet de démarrer sur un périphérique spécifique seulement pour ce démarrage (l’accès se fait souvent via la touche F10). Ce qui évite de modifier le “Boot Order” de façon persistante.
Si vous ne parvenez pas à démarrer sur la clé USB malgré une bonne configuration du “Boot Order”, pensez à désactiver le Secure Boot temporairement.
Quand l’ordinateur sera en mesure de booter sur la clé USB, l’interface de Ventoy s’affichera devant vos yeux ! Vous n’aurez plus qu’à sélectionner votre distribution. Si vous avez pris la décision de créer directement une clé Rufus avec une seule distribution, vous arrivez directement sur le menu de démarrage de la distribution (une étape plus loin en comparaison de Ventoy).
Désormais, libre à vous d’installer la distribution Linux de votre choix ou simplement de tester une ou plusieurs distributions sur votre PC.
IX. Installer ses premières applications sur Linux
Une fois votre distribution Linux installée, vous aurez probablement envie d’installer vos applications préférées pour préparer votre environnement.
La plupart des distributions Linux modernes offrent un magasin d’applications intégré, un peu comme le Microsoft Store de Windows. C’est souvent la méthode la plus simple pour installer de nouveaux logiciels. Vous pouvez y rechercher des applications par nom, par catégorie, ou même explorer les suggestions. L’interface est généralement conviviale et l’installation se fait en quelques clics.
Ci-dessous, un aperçu du magasin d’applications d’Ubuntu. De nombreuses applications sont accessibles en quelques clics.
Si votre distribution n’a pas de magasin d’applications graphique, ou que vous n’y trouvez pas votre bonheur, il va falloir regarder du côté du Terminal. Autrement dit, vous allez devoir saisir des commandes !
Chaque distribution Linux a son propre gestionnaire de paquets (par exemple, apt pour Ubuntu et Debian, dnf pour Fedora, pacman pour Arch Linux).
Voici un exemple pour installer une application (par exemple VLC Media Player) avec apt sur une machine Ubuntu :
Ouvrez le terminal. Saisissez la commande suivante pour mettre à jour la liste des paquets disponibles :
sudo apt update
Ensuite, exécutez cette commande pour installer VLC :
sudo apt install vlc
Vous devrez probablement entrer votre mot de passe administrateur pour confirmer l’installation. Quelques secondes plus tard, l’application sera installée. La ligne de commande peut sembler intimidante au début, mais vous pouvez en faire usage pour quelques actions de base, dont l’installation des paquets.
X. Conclusion
Le passage de Windows 10 à Linux a tout d’une bonne idée pour prolonger la durée de vie de votre matériel informatique ! Si vous êtes prêts à changer vos habitudes et à vous adapter à un nouvel écosystème, vous n’avez plus qu’à passer à l’action.
Nous vous encourageons vivement à essayer Linux par vous-même, en utilisant les méthodes de virtualisation ou de “Live USB” décrites dans cet article. N’hésitez pas à expérimenter avec différentes distributions pour trouver celle qui vous convient le mieux.
Si vous avez déjà franchi le pas vers Linux, ou si vous envisagez de le faire, partagez vos retours d’expérience dans les commentaires de cet article. Vos conseils et vos retours d’expérience pourront probablement aider d’autres utilisateurs !
Ingénieur système et réseau, cofondateur d’IT-Connect et Microsoft MVP “Cloud and Datacenter Management”. Je souhaite partager mon expérience et mes découvertes au travers de mes articles. Généraliste avec une attirance particulière pour les solutions Microsoft et le scripting. Bonne lecture.