
Claude Code est l’interface officielle d’Anthropic pour accéder à Claude localement, sur votre système. Contrairement à l’interface web bien connue du LLM, Claude Code offre une intégration directe dans votre système. Nous allons voir dans cet article comment l’installer et l’utiliser sous Windows et sous Linux, en ligne de commande comme en GUI.
Pour un grand nombre de cas d’usage, l’intégration de Claude Code apporte de nouvelles opportunités d’utilisation. Vous pourrez utiliser Claude pour qu’il lise, crée et modifie des documents, du code ou des scripts, mais aussi pour qu’il exécute des commandes. Cela permet d’aller bien au-delà de la simple conversation que l’on a habituellement avec un LLM. Nous verrons aussi les risques liés à ce nouvel usage.
Cet article couvre l’installation graphique (Windows et Linux), la CLI (Linux), la configuration basique, et les cas d’usage concrets. À la fin, vous saurez installer Claude Code et l’utiliser pour vos premiers projets réels.
Qu’est-ce que Claude Code ?
Claude Code est un outil d’accès local à Claude, le modèle d’IA d’Anthropic. Il se décline en deux formes : une application desktop graphique et une interface en ligne de commande (CLI).
L’application graphique offre une interface riche pour les projets complexes. Vous avez l’historique de chat, l’édition de fichiers, et la gestion de projets, un peu comme la version en ligne. C’est le choix parfait pour explorer Claude ou travailler sur des tâches longues.
La CLI, elle, est conçue pour l’automatisation. Vous pouvez l’appeler depuis des scripts Bash, l’intégrer dans des pipelines CI/CD, ou même la combiner avec d’autres outils qui s’utilisent en ligne de commande. C’est l’outil idéal si vous voulez automatiser des tâches récurrentes sans interaction manuelle ou en profitant de la simplicité et de la rapidité de la ligne de commande.
Les deux peuvent coexister sur la même machine. L’installation de l’un ou de l’autre dépend de vos usages et préférences.
Donc, en résumé, il se décline sous plusieurs formes qui reposent sur le même moteur :
L’application de bureau (Windows, macOS, et Linux en bêta), qui intègre Claude Code dans un onglet dédié avec une interface graphique.
La CLI, utilisable dans un terminal sous Linux, macOS et Windows.
Les extensions pour IDE, notamment VS Code et JetBrains.
La version web, sur claude.ai/code, qui s’exécute dans le cloud.
Claude ou Claude Code : quelle différence ?
Claude désigne la famille de modèles d’IA (LLM) développés par Anthropic : Fable 5.1, Opus 5.5, Sonnet 5.5, Haiku 4.5, etc. Vous y accédez habituellement via l’interface web claude.ai ou l’application.
Claude Code est un outil qui vous donne accès à Claude localement. C’est deux choses, via une application desktop (client lourd local) ou votre ligne de commande. Cet outil local va notamment permettre au LLM de lire et écrire du code ou d’exécuter des commandes en local sur votre système.
Attention : vous aurez quand même besoin d’un accès à Internet pendant l’utilisation, Claude Code fait l’interface entre le modèle distant et votre système. En résumé : Claude est le moteur. Claude Code est le véhicule local pour le piloter, il fait le lien entre vos prompts, votre système et le LLM qui reste hébergé par Anthropic.
L’intérêt le plus facile à comprendre de Claude Code et sa raison d’être initiale est par exemple la création d’un script basique :
En utilisant un LLM via son interface web (Claude.ai, ChatGPT, etc.) : vous donnez les instructions au modèle pour qu’il génère et modifie le script selon vos besoins. Vous copiez-collez le script en local pour le tester et lui faites part d’éventuels retours ou erreurs.
En utilisant Claude Code, le LLM va lui même créer le script dans le dossier local voulu, l’exécuter pour tester et valider son comportement, constater de lui-même les erreurs, écrire la documentation associée dans un fichier séparé. Il pourra même paramétrer vos tâches planifiées pour une exécution régulière du script si vous le lui demandez, etc.
Claude Code peut être utilisé avec d’autres LLM que ceux d’Anthropic (liste ici : https://code.claude.com/docs/fr/third-party-integrations#proxy-d-entreprise). Tous ne sont pas compatibles (je pense notamment à Mistral à la date d’écriture de cet article), mais l’usage de Proxy/passerelle LLM est possible pour étendre cette compatibilité.
Nous allons à présent passer à la mise en place de Claude Code, en CLI et en GUI (interface graphique).
Prérequis
Avant de commencer, vérifiez les points suivants :
Un abonnement payant : Claude Code nécessite un abonnement Pro, Max, Team ou Enterprise, ou un compte Anthropic Console (API facturée à l’usage). L’offre gratuite de claude.ai n’inclut pas Claude Code.
Un système compatible : macOS 13 ou supérieur, Windows 10 1809 ou supérieur, Windows Server 2019 ou supérieur, Ubuntu 20.04 ou supérieur, Debian 10 ou supérieur, Alpine Linux 3.19 ou supérieur.
Une machine modeste suffit : 4 Go de RAM minimum, processeur x64 ou ARM64. Les calculs sont réalisés côté Anthropic.
Une connexion Internet, sinon ça ne fonctionnera pas.
Installer Claude Code sous Windows (application de bureau)
Nous allons installer la version graphique de Claude Code sous Windows. Visitez claude.ai/code et cliquez sur “Télécharger l’application de bureau” pour récupérer le fichier Claude Setup.exe pour Windows.
L’installation prend 2-3 minutes. À la fin, cochez “Lancer Claude Code” et fermez l’installateur. L’application se lance automatiquement, vous devrez vous authentifier avec votre compte Anthropic. Cela permettra à Claude Desktop de récupérer vos clés API.
Note : sur Windows, si SmartScreen vous avertit que l’éditeur n’est pas reconnu, cliquez sur “Plus d’infos” puis sur “Exécuter quand même”. Cela disparaît après le premier lancement.
Claude Desktop est maintenant installé. Notez que vous avez, en haut à gauche, deux onglets : Accueil et Code. Le premier est l’équivalent de l’interface web mais en local, ce qui permet de profiter du client lourd local. Le deuxième est ce qui nous intéresse, c’est là que nous allons pouvoir indiquer à Claude d’interagir avec notre système.
L’utilisation de Claude Code sous Windows nécessite git, une pop-up devrait vous guider sur son installation dès la première interaction. Git est un outil de versionning qui permet de sauvegarder l’état d’un code à différentes étapes de son évolution. C’est notamment pratique en cas d’erreur.
Enfin, vous noterez à la première interaction avec Claude Code que celui-ci demande à être positionné dans un répertoire. Cela sera son répertoire projet, dans lequel il pourra créer des fichiers comme des scripts. C’est là une différence majeure avec Claude “classique” qui n’interagit pas avec votre système.
Voici un exemple d’utilisation de Claude Code via la GUI Windows :
Exemple d’utilisation de Claude Code via la GUI Windows.
Ici, j’ai demandé à Claude Code de créer une simple page web. Il a analysé le répertoire projet, identifié qu’il était vide, créé une page web avec le code demandé et m’a même affiché la page web dans une vue additionnelle. Plus besoin de copier-coller dans le chat, Claude interagit directement avec mon système.
Note : la CLI est aussi disponible nativement sous Windows. Depuis PowerShell, elle s’installe avec la commande irm https://claude.ai/install.ps1 | iex, ou avec WinGet via winget install Anthropic.ClaudeCode. Son utilisation est ensuite identique à celle décrite pour Linux ci-dessous.
Installer Claude Code CLI sous Linux
La CLI Claude Code permet d’utiliser Claude depuis le terminal. Pour son installation, Anthropic nous met à disposition un script qu’il suffit de télécharger et exécuter :
curl -fsSL https://claude.ai/install.sh | bash
Voici le résultat affiché de l’insallation :
Installation de Claude Code CLI sous Linux.
Comme indiqué, il est probable que vous ayez à ajouter le chemin vers l’outil dans votre PATH (pensez à adapter si vous n’utilisez pas Bash) :
echo ‘export PATH=”$HOME/.local/bin:$PATH”‘ >> ~/.bashrc && source ~/.bashrc
Nous pouvons à présent lancer Claude Code CLI à l’aide de la commande suivante :
claude
Au premier lancement, celui-ci vous demande de choisir votre thème préféré :
Sélectione du thème au lancement de Claude Code CLI.
Puis de vous authentifier. Si, comme moi, vous disposez d’un compte Claude Pro, ce qui est le plus fréquent, sélectionnez la méthode 1 :
Sélectione de la méthode d’authentification dans Claude Code CLI.
Claude Code CLI va alors ouvrir votre navigateur pour authentification, ou vous proposer une URL si vous n’avez pas de GUI. Il vous suffira alors de vous authentifier. Puis vous aurez un retour Logged in as , Login successful. Press Enter to continue.
Enfin, vous aurez, comme sous Windows, une demande de validation du répertoire actuel de travail de Claude Code CLI. Cela permet d’autoriser Claude Code à lire, éditer et exécuter des fichiers dans ce répertoire. Il ne faut pas lancer Claude Code CLI depuis n’importe où sur votre système et bien choisir un répertoire projet dédié (vide ou pas d’ailleurs) :
Validation du répertoire de travail pour la session courante.
Enfin, voici un exemple d’usage de Claude Code CLI qui profite de l’interaction directe avec mon système :
Ici, j’ai demandé à Claude Code de relire mon fichier ~/.bashrc et de proposer d’éventuelles corrections. À noter que j’ai lancé Claude Code CLI depuis mon home, ce qui n’est pas très prudent. Quoi qu’il en soit, il identifie une erreur, me l’explique et me propose un correctif. Je n’ai plus qu’à valider sa correction pour qu’il l’applique.
Trois exemples d’utilisation de Claude Code
Pour se faire une vraie idée de ce que change Claude Code, rien ne vaut trois cas concrets plutôt qu’une liste de fonctionnalités. Je vous propose ceux qui reviennent le plus souvent en pratique, et qui couvrent à eux seuls une bonne partie de ce que vous ferez au quotidien : créer quelque chose de zéro, corriger un fichier existant, automatiser une tâche répétitive.
Avant de commencer à travailler sur un nouveau sujet, il est recommandé de créer un projet et de s’y positionner. Par exemple :
cd ~/projets/claude-code-app-1
claude
Créer un outil de zéro
C’est le cas d’usage le plus immédiat, et probablement celui par lequel on commence tous. On demande, Claude Code crée le fichier, l’exécute, corrige si besoin.
Crée un script Python qui scanne le répertoire courant et liste tous les fichiers de plus de 100 Mo, triés par taille décroissante. Teste-le sur ce répertoire et affiche le résultat.
Sur ce genre de demande, Claude Code va typiquement créer le fichier .py, l’exécuter directement dans votre terminal (ou dans la vue intégrée côté GUI), et vous montrer la sortie réelle (pas une sortie qu’il imagine, mais celle que produit votre système). Si le script plante à la première tentative (import manquant, erreur de syntaxe), il corrige et relance de lui-même. C’est là toute la différence avec un copier-coller depuis une interface web classique : la boucle écriture-test-correction se fait sans que vous ayez à faire l’aller-retour.
Corriger un existant
Deuxième cas de figure, déjà entrevu plus haut avec l’exemple du .bashrc : on ne part pas de rien, on demande une relecture ou une correction ciblée.
Relis mon fichier config.yaml et signale toute incohérence de syntaxe ou de valeur, sans rien modifier tant que je n’ai pas validé.
Notez la dernière partie du prompt “sans rien modifier tant que je n’ai pas validé”. C’est une habitude à prendre : Claude Code peut agir directement sur vos fichiers, ce qui est précisément son intérêt, mais rien n’oblige à lui laisser la main tout de suite. Sur un fichier de configuration sensible, mieux vaut d’abord obtenir un diagnostic, lire ce qu’il propose, puis autoriser l’écriture.
Automatiser une tâche récurrente
C’est là que la CLI prend tout son sens, comme évoqué plus haut. L’idée n’est plus d’interagir en direct, mais de déléguer une tâche qui reviendra régulièrement.
Écris un script qui vérifie chaque matin si mes dépendances npm ont des vulnérabilités connues, et écris le résultat dans un fichier log daté. Propose ensuite comment le planifier en tâche cron.
Ce dernier point mérite qu’on s’y arrête : Claude Code ne se contente pas d’écrire le script, il peut aussi configurer la tâche planifiée qui l’exécutera (cron sous Linux, planificateur de tâches sous Windows). C’est pratique. C’est aussi, mécaniquement, une délégation plus large : on ne demande plus une exécution ponctuelle validée à chaque fois, mais une exécution récurrente et non supervisée. Le gain de temps se paie en surface de confiance accordée.
Mettre à jour Claude Code et choisir le modèle
Claude Code évolue très régulièrement, et chaque nouveau modèle d’Anthropic exige une version minimale de l’outil. Si votre installation est en retard, vous ne pourrez pas basculer sur les modèles les plus récents : ils seront grisés dans le sélecteur. Avant de choisir un modèle, il faut donc savoir comment Claude Code a été installé, car la méthode de mise à jour en dépend.
Mettre à jour Claude Code
Si vous avez installé la CLI avec le script officiel, comme dans ce tutoriel, Claude Code se met à jour automatiquement en arrière-plan. La nouvelle version s’applique au lancement suivant. Vous pouvez aussi forcer la mise à jour :
claude update
Du côté de l’application de bureau, Claude Code est intégré à l’application : il suffit de maintenir l’application à jour.
En cas de doute, la commande claude doctor affiche la version installée, la méthode d’installation et l’état des mises à jour automatiques. Lancez-la dans un terminal classique, et non depuis une session Claude Code.
claude doctor
Note : si vous avez installé Claude Code avec npm, les mises à jour automatiques peuvent échouer faute de droits d’écriture sur le dossier global npm. claude doctor le signale par un avertissement. Dans ce cas, lancez la commande claude install pour basculer vers l’installeur natif, qui s’installe dans votre dossier personnel, sans sudo.
Choisir le modèle
Dans une session Claude Code (donc après avoir exécuté claude), la commande /model ouvre le sélecteur de modèles :
Entrée : sélectionne le modèle et l’enregistre par défaut pour les prochaines sessions.
s : sélectionne le modèle pour la session en cours uniquement.
Flèches gauche et droite : règlent le niveau d’effort, c’est-à-dire le niveau de raisonnement accordé au modèle. Plus l’effort est élevé, plus la consommation de tokens augmente.
Vous pouvez aussi choisir le modèle au lancement, avec un alias qui pointe toujours vers la dernière version : opus pour les tâches complexes, sonnet pour le quotidien, haiku pour les tâches simples, fable pour les tâches les plus longues et difficiles.
claude –model opus
Dans l’application de bureau, le modèle se choisit dans la liste déroulante située à côté du bouton d’envoi.
Maîtriser les permissions de Claude Code
Un outil capable de modifier des fichiers et d’exécuter des commandes peut aussi commettre des erreurs, ou mal interpréter une demande. Un LLM peut halluciner, et les conséquences sont d’une autre nature quand il agit sur votre système. Claude Code intègre donc des modes de permission, qui déterminent ce que Claude peut faire sans vous demander votre accord.
Les modes de permission
Les modes présentés ci-dessous conditionnent indirectement le degré d’autonomie de Claude Code lorsqu’il travaille. L’idée étant de trouver le bon équilibre en fonction du type de tâches.
ModeCe qui s’exécute sans confirmationUsage recommandéManual (default)Les lectures uniquementTravail sensible, code que vous ne connaissez pasacceptEditsLectures, modifications de fichiers et commandes courantes (mkdir, mv, cp, etc.) dans le répertoire de travailItérer sur du code que vous relisez ensuiteplanLes lectures, sans aucune modification tant que vous n’avez pas approuvé le plan proposéExplorer un projet avant de le modifierautoTout, avec des contrôles de sécurité en arrière-planTâches longues, limiter les demandes de confirmationdontAskLectures et outils explicitement pré-autorisés, le reste est refuséScripts et CI verrouillésbypassPermissionsTout, sans contrôleConteneurs et machines virtuelles isolés uniquement
Dans la CLI, la combinaison Maj+Tab permet de passer d’un mode à l’autre en cours de session, et la barre d’état affiche le mode actif. Dans l’application de bureau, le mode se choisit dans le sélecteur situé à côté du bouton d’envoi.
Un point à connaître : depuis la version 2.1.283, les sessions interactives dans le terminal démarrent par défaut en mode auto. Dans ce mode, un second modèle (un classifieur) examine les actions avant leur exécution et bloque celles qui dépassent votre demande ou présentent un risque (suppression massive, git push –force, exécution d’un script téléchargé, etc.). Anthropic précise lui-même que ce mode réduit les demandes de confirmation mais ne garantit pas la sécurité. Pour garder la main sur chaque action, lancez Claude Code en mode Manual :
claude –permission-mode manual
Conclusion
Claude Code est un outil puissant pour les administrateurs système et les développeurs. L’installation graphique est simple et immédiate. La CLI offre une intégration directe à votre système pour automatiser des tâches en ligne de commande ou permettre la gestion du code et des fichiers. À ce stade, nous avons simplement installé Claude Code sur Windows ou Linux et lancé nos premiers appels. Cela vous permettra de découvrir cet outil et ses très nombreuses opportunités, mais gardez en tête qu’une IA peut halluciner et cela peut être dangereux lorsqu’elle interagit avec votre système.
Nous verrons dans d’autres tutoriels tout un tas d’astuces et de cas pratiques autour de Claude Code, dites-nous dans les commentaires si vous souhaitez en apprendre plus !
Ressources officielles :
Co-fondateur d’IT-Connect.fr.
Auditeur/Pentester chez Orange Cyberdéfense.
